Ça (s')use, ça use 🎵👣 : C’est quoi les télomères ?

Cela n'a hélas rien à voir avec le nombre de kilomètres que nous parcourons ou l'état de nos souliers : les extrémités de nos chromosomes – on les appelle les télomères − s'usent inexorablement. Un phénomène qui participe au vieillissement de notre organisme.

Au bout des chromosomes il y a les télomères. Ces séquences d'ADN répétitives ne contiennent pas de gènes : elles sont là pour préserver l'intégrité de notre patrimoine génétique. Mais à chaque fois qu'une cellule recopie son ADN avant de se diviser, elle perd un petit bout de télomère, comme une photocopieuse qui rogne les marges du document original. Tant et si bien que ces protections finissent par s'user… La cellule arrête alors de se diviser et de fonctionner normalement. Les chercheurs parlent de cellules "sénescentes", dont l'accumulation contribue au vieillissement de l'organisme.

Une parade à ce scénario ? La télomérase ! Cette enzyme permet de maintenir la taille des télomères division après division. Chez les humains, elle n'est active que dans les cellules souches et celles à l'origine des spermatozoïdes et des ovules. Seule exception, les cellules cancéreuses : la télomérase y est particulièrement active, autorisant un nombre de divisions illimité, associé à la croissance rapide et incontrôlée des tumeurs.

Ainsi, les télomères sont des objets d'intérêt pour les chercheurs qui étudient le vieillissement, et pour ceux qui veulent combattre le cancer. Éric Gilson, Grand prix Inserm 2019 🏅, est dans les deux camps : ce spécialiste des télomères a d'ailleurs fondé de l'Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement (unité Inserm 1081) à Nice.