Psoriasis

Avril 2009

Notre peau se renouvelle notamment grâce aux kératinocytes, cellules qui composent majoritairement l’épiderme.

Quand la peau se renouvelle trop…

Infiltrat lymphocytaire cutané dans un psoriasis. Maladie cutanée avec hyperprolifération épidermique entraînant une forte desquamation et une hyperkératose.

Infiltrat lymphocytaire cutané dans un psoriasis. Maladie cutanée avec hyperprolifération épidermique entraînant une forte desquamation et une hyperkératose.

Leur cycle de vie normal dure environ un mois. Mais il arrive que les kératinocytes s’emballent et parcourent le chemin de la couche basale à la couche cornée de l’épiderme en quelques jours seulement, et ne s’éliminent pas normalement à la surface de la peau. Cela se traduit par une peau qui se couvre alors de petites pelures de peau morte.
Parallèlement, le derme situé sous l’épiderme est envahi par des lymphocytes T et des polynucléaires neutrophiles qui proviennent des vaisseaux et vont aller envahir l’épiderme. Cela crée l’inflammation qui se traduit par une rougeur de la peau. Ainsi est formée la plaque rouge avec les squames en surface du psoriasis.

Une maladie fréquente, et parfois invalidante

Décrite et nommée en 1805 par l’un des fondateurs de la dermatologie, le médecin anglais Robert Willan (1757-1812), le psoriasis est une maladie cutanée très fréquente (elle concerne 2 % de la population). Les personnes d’origine européenne en souffrent plus fréquemment que les autres.
Les causes de cette maladie ne sont pas encore toutes connues. Un cas sur deux semble d’origine familiale, et différents gènes de prédispositions ont été découverts au cours des dix dernières années : le renouvellement et la réaction exagérés de la peau semblent liés à l’hyperréactivité variable de plusieurs gènes.
Les recherches suggèrent que le psoriasis résulte également d'anomalies immunitaires.

Certains facteurs augmentent le risque
Les facteurs déclenchants ou aggravants des crises de psoriasis sont nombreux : frottements des habits sur la peau, contrariété ou stress psychologique, surmenage, alcool, surcharge pondérale, infection (angine, rhinite, pharyngite).
Certains médicaments provoquent également le psoriasis par effet secondaire.

Symptômes

Les premières plaques rouges apparaissent le plus souvent chez l’adolescent et le jeune adulte, mais l’âge de la première manifestation est très variable.
Le psoriasis se déclare par l’apparition de taches rouges accompagnées de squames (peau morte). Les taches ont parfois la forme de gouttelettes squameuses (psoriasis en gouttes, fréquent chez l’enfant) ou de pièce de monnaie (psoriasis numullaire). Le plus souvent, elles ont une forme indéfinie.
La localisation du psoriasis est variée, mais concerne plus fréquemment les zones de frottement comme les genoux, les coudes, l’ombilic et la région lombaire. Les plis peuvent aussi être atteints ainsi que le cuir chevelu, les mains et les pieds, les ongles et les muqueuses.

Evolution et complications

Le psoriasis est une maladie chronique, les plaques rouges évoluent par poussées entrecoupées de rémissions. La durée de chaque crise varie selon les individus.
La pathologie peut adopter des formes plus ou moins sévères et entraîner diverses complications.
Lorsqu’il s’étend au corps tout entier, on parle d’érythrodermie psoriasique, demandant parfois une hospitalisation. Le psoriasis pustuleux est caractérisé par de multiples pustules sur les plaques qui ont la particularité de ne pas contenir de germes.
Enfin, dans un cas sur dix se développe un rhumatisme psoriasique, par inflammation des articulations.

Du côté des labos

La recherche étudie aujourd’hui les anomalies génétiques et les anomalies des voies de signalisation aboutissant à une sécrétion excessive de cytokines pro-inflammatoires, et vise à modéliser les interactions entre cellules cutanées et cellules inflammatoires.
Les progrès thérapeutiques récents reposent avant tout sur la mise en place de techniques permettant un meilleur ajustement des outils thérapeutiques aux besoins des patients. Car si le psoriasis ne met que rarement la vie en danger, il est fréquent qu’il diminue gravement la qualité de la vie.

Pour aller plus loin

Vidéo

C'est quoi une maladie auto-immune ?

Communiqués de presse

Desquamation de la peau : LEKTI, une protéine clé indispensable à la fonction protectrice de l’épiderme (21 décembre 2004)

Les associations de malades

Inserm-Associations - la base Inserm Associations

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