La recherche technologique pour la santé désigne l’ensemble des développements technologiques indispensables au progrès biomédical, aussi bien sur le plan fondamental (observer et comprendre les mécanismes du vivant) que sur le plan clinique (transférer les connaissances vers des solutions thérapeutiques). Cinq grands domaines sont concernés : l’imagerie, les technologies associées au développement des médicaments, les biotechnologies et la bio-ingénierie, la chirurgie et les autres techniques interventionnelles, les technologies associées à la santé numérique.

Il suffit de songer aux apports du développement de la microscopie aux 18e et 19e siècles, ou à ceux de la radiologie au 20e siècle pour en avoir la conviction : la mise au point de nouvelles approches technologiques peut contribuer de façon significative aux avancées médicales. Ainsi, la recherche technologique pour la santé est aujourd’hui une des voies majeures de progrès pour le diagnostic, la thérapeutique, la chirurgie ou encore la médecine réparatrice.

Une recherche multidisciplinaire et translationnelle

La recherche technologique pour la santé passe par une étroite collaboration entre des chercheurs et ingénieurs possédant une compétence technologique parfois éloignée du domaine médical (mathématiques, physique, chimie, informatique, électronique, nanotechnologie...), des biologistes, des médecins et des industriels. Dans de nombreux projets, la contribution des sciences humaines et sociales (sociologues, juristes ...) est également déterminante. 

Cette recherche s’organise en cinq domaines :

  • L’imagerie, que celle-ci soit anatomique ou fonctionnelle, qu'elle s'adresse au corps entier ou à des structures cellulaire et moléculaire, qu'elle soit mise en œuvre in vitro ou in vivo. Les principaux enjeux sont d’accroître la sensibilité et la définition des images obtenues, d’accélérer l’analyse des données, d’améliorer la reconstruction des images et de diminuer les doses de rayonnements délivrées aux patients pour les examens irradiants.
  • Le développement du médicament, où la recherche technologique vise à développer des solutions pour faciliter l’identification de candidats médicaments (efficacité du criblage), évaluer précocement leur toxicité et leur biodisponibilité, d’optimiser leur délivrance vers leur cible (technologies de vectorisation et d’administration), ou encore simplifier et accélérer le temps de développement des médicaments.
  • Les biotechnologies et de la bioingénierie, un domaine qui inclut la mise au point de tests diagnostic et d’analyse (in vitro et in vivo incluant le approches omiques), le développement de biomatériaux associés à la médecine régénérative, les technologies associées à la production de biomédicaments, ou encore les thérapies innovantes (génique, génomiques, cellulaires).
  • La chirurgie et les techniques interventionnelles et d’assistance au patient et à la personne. Ce domaine concerne les technologies chirurgicales (simulation, navigation, télé-opération, appareillages associés…).  Il couvre également la radiologie interventionnelle, la radiothérapie, les dispositifs implantables, les prothèses et orthèses, mais aussi la rééducation et les dispositifs d’assistance aux personnes âgées ou handicapées.
  • La santé numérique, c’est- à-dire l’application des technologies de l’information et de la communication à la santé. Ce domaine couvre d’une part la télésanté et l’usage en santé des objets connectés, incluant la télémédecine (diagnostics et suivi des traitements à distance) et les téléservices (vigilance vis-à-vis des personnes fragiles et compensation de la perte d’autonomie). Il couvre d’autre part l’exploitation des données collectées pour l’exploitation clinique des biomarqueurs ou l’aide à la décision médicale à partir d’approches logicielles innovantes (intelligence artificielle par exemple).

Le temps de la recherche technologique

Dans ces thématiques de recherche, les projets ont une durée variant de 3 à 12 ans. Ils se déroulent généralement en quatre phases :

  • l’émergence du concept en laboratoire de recherche
  • l’obtention de la preuve du concept technologique (faisabilité expérimentale)
  • celle de la preuve du concept industriel (reproductibilité et réalisation à grande échelle)
  • la valorisation des applications envisagées et le transfert du projet vers un partenaire industriel, en mesure de finaliser le développement, la production et la commercialisation de l’innovation

L’Institut thématique Technologie pour la santé de l’Inserm a notamment pour rôle d’aider les chercheurs dans les trois dernières étapes, en collaboration avec Inserm Transfert.

L’Inserm accélère la recherche technologique

Organisme multidisciplinaire et rompu au transfert des découvertes, l’Inserm rassemble plus d’une centaine d’équipes de recherche en technologie pour la santé.

Pour amplifier encore sa capacité d’innovation, l’Inserm se dote d’accélérateurs de recherche technologique (ART). Ces structures visent non seulement au développement de technologies innovantes, mais également à leur mise à disposition auprès des équipes de recherche qui pourront en tirer les bénéfices.

Pour en savoir plus sur les ART de l’Inserm