AccueilActualitéPortraitsChristelle Soukaseum : Ouvrir la science aux adosChristelle Soukaseum : Ouvrir la science aux ados Publié le : 07/04/2026 Temps de lecture : 3 min PortraitsEn plus de ses activités professionnelles au sein de l’unité Hémostase inflammation thrombose en région parisienne, Christelle Soukaseum s’est donnée pour mission d’ouvrir les portes des laboratoires Inserm à des collégiens et lycéens. Dans le cadre de l’association l’Arbre des connaissances, elle permet ainsi à des adolescents de découvrir concrètement les travaux en recherche médicale.Un article à retrouver dans le magazine de l’Inserm n°68Christelle Soukaseum, ingénieure d’études Inserm et coordinatrice du dispositif Apprentis chercheurs de l’Arbre des connaissances ©Inserm/F. GuénetQuelles sont vos activités professionnelles au sein de l’Inserm ?Christelle Soukaseum : Je suis ingénieure d’études Inserm au sein de l’unité Hémostase inflammation thrombose au CHU du Kremlin-Bicêtre, qui compte une quarantaine de personnes. Je travaille en étroite collaboration avec des chercheurs et j’encadre des étudiants. Concrètement, je réalise des expériences pour valider ou invalider les hypothèses scientifiques émises par les chercheurs. Avec eux, j’analyse les résultats obtenus. Actuellement, je participe à des travaux qui portent sur l’étude des plaquettes sanguines à travers des modèles de souris transgéniques. Nous travaillons, par exemple, sur les phénomènes de thrombose. Pour cela, nous induisons de manière très contrôlée des caillots sanguins sur des modèles murins dits « sauvages » et des modèles dont un gène est rendu inactif. L’objectif est de comprendre précisément le rôle du gène en question dans la formation d’un caillot in vivo.Vous êtes également coordinatrice bénévole du projet Apprentis chercheurs au sein du CHU. En quoi cela consiste-t-il ?C. S. : C’est un projet porté par l’Arbre des connaissances, association créée en 2004. L’idée est d’accueillir au sein des laboratoires Inserm, un mercredi après-midi par mois, des binômes composés d’un collégien en classe de 3e et d’un lycéen de 2de ou de 1re. Contrairement à un stage de 3e classique où les élèves restent observateurs, dans ce dispositif, les adolescents réalisent de vraies expériences où ils obtiennent des résultats qu’ils doivent analyser. Pour cela, ils sont encadrés par des professionnels volontaires – chercheurs, doctorants, ingénieurs ou techniciens – qui leur montrent la démarche scientifique et préparent les échantillons pour les expériences. L’objectif est d’éveiller l’esprit critique des jeunes et de leur faire découvrir le monde de la recherche de l’intérieur. Il y a environ dix séances, de décembre à fin mai. C’est un engagement fort : cette année, nous accueillons dix élèves répartis en cinq binômes.Comment des adolescents s’approprient-ils des concepts scientifiques qui semblent parfois très complexes ?C. S. : C’est justement ce qui est passionnant ! Au début, on peut parfois percevoir une certaine nonchalance propre à l’adolescence. Mais au fil des séances, où les encadrants leur préparent des expériences réelles, une métamorphose s’opère. Le point d’orgue du dispositif est le congrès des Apprentis chercheurs organisé en fin d’année scolaire. Les élèves y présentent leurs travaux devant leurs professeurs, leurs proches et leurs camarades. C’est une véritable révélation : ils s’approprient un vocabulaire scientifique pointu et expliquent leur projet avec une assurance impressionnante. Certains élèves en gardent d’ailleurs un tel souvenir qu’ils s’orientent parfois vers des filières scientifiques. J’ai ainsi accueilli une ancienne apprentie chercheuse pour son stage de BTS de biotechnologie !Quand vous êtes-vous lancée auprès de l’Arbre des connaissances ?C. S. : En 2009, j’ai intégré le Centre de recherche cardiovasculaire de Paris (Parcc). Une post-doctorante y gérait le dispositif et m’a recrutée comme encadrante en 2010. Quand je suis arrivée au CHU du Kremlin-Bicêtre, le dispositif Apprentis chercheurs n’existait pas. Avec l’aide de personnes de l’association, je me suis donc lancée comme coordinatrice pour l’hôpital en 2016. Le projet sur le site fête ainsi ses 10 ans cette année. Certes, cela nécessite des efforts, notamment pour recruter au sein des laboratoires les encadrants, pour qui cela représente également un investissement en temps non négligeable. Mais quelle satisfaction de constater que nous avons réussi à rendre la science concrète pour ces jeunes ! Même si les apprentis se dirigent finalement vers des carrières littéraires ou économiques, ils repartent avec une meilleure compréhension de la science, et c’est là l’essentiel.Pour en savoir plus sur le dispositif Apprentis chercheurs de l’association L’arbre des connaissancesChristelle Soukaseum est ingénieure d’étude Inserm au sein de l’unité Hémostase inflammation thrombose (unité 1176 Inserm/Université Paris-Saclay), au Kremlin Bicêtre.Propos recueillis par P. N.À lire aussi À Brest, deux chercheuses à contre-courantReportages en labo Quel est l’impact de l’IA sur l’éducation ?Actualité, Science