AccueilActualitéScienceEn image – Cœur de porcEn image – Cœur de porc Modifié le : 23/02/2026 Publié le : 13/02/2026 Temps de lecture : 2 min Actualité, ScienceLes transplantés cardiaques pourront-ils vivre un jour avec un cœur issu d’un porc ? La recherche n’a jamais été aussi proche d’atteindre cet objectif. Depuis 2022, les progrès dans le domaine des xénogreffes – les transplantations d’un organe d’une espèce vers une autre – sont spectaculaires.Un article à retrouver dans le magazine de l’Inserm n°67À ce jour, plusieurs essais ont été réalisés et deux patients ont reçu un cœur de porc génétiquement modifié pour retirer certains gènes porcins qui risquent de déclencher un rejet hyperaigu. Dans les deux cas, la fonction de l’organe a été maintenue pendant plusieurs semaines : une prouesse scientifique et médicale longtemps jugée impossible. Ces premières tentatives restent toutefois des succès mitigés. Le principal obstacle réside dans le risque de rejet de l’organe par le système immunitaire du receveur. C’est précisément ce qu’étudie Erwan Morgand, postdoctorant au Centre de recherche cardiovasculaire de Paris, où il travaille dans l’équipe dirigée par Alexandre Loupy. « Nous collaborons avec une équipe américaine qui a réalisé des essais de transplantation de cœurs de porc génétiquement modifiés chez des patients en état de mort cérébrale, avant de les dé-transplanter pour étudier l’état du greffon [une pratique non autorisée en Europe, ndlr.], explique le jeune chercheur. Notre objectif est de comprendre et de décrypter cette réponse immunitaire afin d’améliorer la survie à long terme de ces organes », ajoute-t-il.Ventricule d’un cœur de porc modifié génétiquement, implanté dans un patient puis dé-transplanté au bout de 66 heures © Erwan Morgand / Inserm u970, PITOR, 2025Sur cette image réalisée grâce à une technique d’immunofluorescence multiplex (plusieurs anticorps marqués par des fluorochromes distincts permettent de détecter simultanément différentes protéines), on peut observer le tissu du ventricule d’un cœur de porc modifié génétiquement et implanté dans un patient puis dé-transplanté au bout de 66 heures. Les marquages jaunes correspondent aux cellules qui composent les capillaires et autres vaisseaux du tissu. Les noyaux cellulaires présents, qu’ils soient porcins ou humains, sont marqués en bleu. Les points verts et rouges illustrent les cellules immunitaires humaines présentes soit dans la circulation sanguine, soit dans le tissu. « Nous nous intéressons particulièrement à la localisation de ces cellules immunitaires, car elles reflètent deux types de rejets différents, qui peuvent chacun être traités de façon spécifique », précise Erwan Morgand. Ces travaux sont cruciaux pour que les médecins puissent fournir aux futurs receveurs de xénogreffes des traitements adaptés, et leur permettre de vivre un jour avec un cœur de porc génétiquement modifié.Erwan Morgand travaille dans l’équipe d’Alexandre Loupy au Paris Centre de recherche cardiovasculaire (Parcc, unité 970 Inserm/Université Paris-Cité). Présentation du projet Xenotransplant (financé par le programme de recherche Impact Santé) – Interview d’Alexandre Loupy, 2025 – 1 minute A. Giarraputo et coll. Characterizing the Immune Response in Pig-to-Human Heart Xenografts Using a Multimodal Diagnostic System. Circulation, 2 décembre 2025 ; DOI : 10.1161/CIRCULATIONAHA.125.074971Autrice : L. A.À lire aussi Pas bête – C’est quoi une xénogreffe ?C’est quoi Alexandre Loupy, Prix Innovation 2023Portraits Transplantation d’organes / GreffeUne transplantation (ou greffe) est une opération chirurgicale qui consiste à remplacer un organe…