Les épisodes dépressifs sont parfois liés à des facteurs déclenchants comme la mort d’un proche ou des situations stressantes, mais peuvent également apparaître sans cause extérieure apparente.
L’épisode dépressif s’exprime par des symptômes qui s’inscrivent dans la durée : au moins deux semaines, selon les classifications actuelles. Par définition, l’humeur doit être triste ou la capacité à éprouver du plaisir émoussée (goût à rien). Mais il existe d’autres signes permettant de caractériser l’épisode dépressif.
Outre l’humeur triste, les autres symptômes les plus courants et présents presque tous les jours sont :
© Inserm, P. Latron
Tests comportementaux sur souris dans l'étude sur la dépression, test d'exploration "open field". Le test de champ ouvert permet de mesurer les déplacements de l’animal, en plus des informations sur l’activité locomotrice, ce test permet de prédire une activité de type anxiolytique. Laboratoire de l'équipe 4 "Troubles affectis" de l'unité 930 "Imagerie et cerveau", faculté des sciences de Tours.
La dépression est une pathologie fréquente et susceptible d’être fatale (10 % des déprimés décèdent de suicide). Son incidence (nombre de nouveaux cas par an) s’élève à 1 % chez les hommes et 3 % chez les femmes. Sa prévalence est de 2 % à 3 % chez les hommes et 5 % à 10 % chez les femmes. Quant à la probabilité de développer une dépression au cours de l’existence, elle s’élève à 10 % chez les hommes et 20 % chez les femmes.
De fait, les femmes sont deux fois plus souvent concernées que les hommes. L’origine du déséquilibre entre les sexes est encore discutée : génétique, hormonale ou psychosociale (rôle de la femme dans la société).
Enfin, la composante héréditaire est rapportée dans toutes les études : le risque pour un parent du premier degré d’un sujet dépressif de développer un tel trouble est environ trois fois plus élevé que celui de la population générale (9 % d’incidence contre 3 %). La probabilité d’une dépression est plus élevée encore si l’un de ses parents a développé un premier épisode dépressif avant l’âge de 20 ans. Les études de jumeaux montrent que 40 % environ des vrais jumeaux sont concordants pour le trouble, contre seulement 11 % pour les faux jumeaux. L’héritabilité de la dépression suggère que plusieurs gènes sont impliqués dans son étiologie, agissant en synergie avec des stimulations de l’environnement dans le parcours de vie de l’individu. Les systèmes nerveux des personnes déprimées montrent une diminution de l’activité de plusieurs amines biogènes, la dopamine, la noradrénaline et surtout la sérotonine, impliquées dans la neurotransmission. C’est à ce niveau qu’agissent les antidépresseurs.
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