Dépression

Avril 2009

Le mot "dépression" recouvre un ensemble hétérogène d’états qui vont d’une simple tristesse de l’humeur aux troubles dépressifs les plus graves. Les uns sont physiologiques, car les émotions humaines sont fluctuantes, les autres sont considérés comme pathologiques. Il y a une grande variété de troubles dépressifs : la dysthymie, la phase dépressive du trouble bipolaire, l’épisode dépressif majeur (EDM), qui correspond à la dépression du sens médical courant. Ces EDM ont eux-mêmes des types variables en fonction de leur sévérité, de leur caractère saisonnier, de leur expression sémiologique (symptomatique), de leur apparition dans un contexte particulier (par exemple en post partum).

Symptômes

Neurones à noradrénaline.

Neurones à noradrénaline.

Les épisodes dépressifs sont parfois liés à des facteurs déclenchants comme la mort d’un proche ou des situations stressantes, mais peuvent également apparaître sans cause extérieure apparente.

L’épisode dépressif s’exprime par des symptômes qui s’inscrivent dans la durée : au moins deux semaines, selon les classifications actuelles. Par définition, l’humeur doit être triste ou la capacité à éprouver du plaisir émoussée (goût à rien). Mais il existe d’autres signes permettant de caractériser l’épisode dépressif.





Reconnaître une dépression

Outre l’humeur triste, les autres symptômes les plus courants et présents presque tous les jours sont :

  • le désintérêt, le ralentissement psychomoteur (difficultés de concentration, baisse de la vigilance, trous de mémoire, des difficultés à suivre ou à participer à une conversation,...),
  • la modification de l’appétit avec variation importante de poids (5 % de la masse corporelle),
  • les troubles du sommeil comme une insomnie (difficulté d’endormissement, réveil nocturne), mais aussi par une hypersomnie (envie fréquente de dormir, volonté consciente ou inconsciente de trouver refuge dans le sommeil),
  • la sensation de fatigue, de perte d’énergie, de difficulté à accomplir des efforts,
  • la dévalorisation de soi,
  • la culpabilisation vis-à-vis de l’entourage,
  • le doute systématique et exagéré sur la valeur de ses actes ou de ses idées,
  • l’indécision face aux choix les plus simples,
  • les pensées récurrentes de mort et les idées suicidaires...

Un trouble répandu dans la population

© Inserm, P. Latron, Tests comportementaux sur souris dans l'étude sur la dépression, test d'exploration "open field". Le test de champ ouvert permet de mesurer les déplacements de l’animal, en plus des informations sur l’activité locomotrice, ce test permet de prédire une activité de type anxiolytique. Laboratoire de l'équipe 4 "Troubles affectis" de l'unité 930 "Imagerie et cerveau", faculté des sciences de Tours.

Tests comportementaux sur souris dans l'étude sur la dépression, test d'exploration "open field". Le test de champ ouvert permet de mesurer les déplacements de l’animal, en plus des informations sur l’activité locomotrice, ce test permet de prédire une activité de type anxiolytique. Laboratoire de l'équipe 4 "Troubles affectis" de l'unité 930 "Imagerie et cerveau", faculté des sciences de Tours.

La dépression est une pathologie fréquente et susceptible d’être fatale (10 % des déprimés décèdent de suicide). Son incidence (nombre de nouveaux cas par an) s’élève à 1 % chez les hommes et 3 % chez les femmes. Sa prévalence est de 2 % à 3 % chez les hommes et 5 % à 10 % chez les femmes. Quant à la probabilité de développer une dépression au cours de l’existence, elle s’élève à 10 % chez les hommes et 20 % chez les femmes.
De fait, les femmes sont deux fois plus souvent concernées que les hommes. L’origine du déséquilibre entre les sexes est encore discutée : génétique, hormonale ou psychosociale (rôle de la femme dans la société).

Une dimension biologique, qui n'explique pas tout

Enfin, la composante héréditaire est rapportée dans toutes les études : le risque pour un parent du premier degré d’un sujet dépressif de développer un tel trouble est environ trois fois plus élevé que celui de la population générale (9 % d’incidence contre 3 %). La probabilité d’une dépression est plus élevée encore si l’un de ses parents a développé un premier épisode dépressif avant l’âge de 20 ans. Les études de jumeaux montrent que 40 % environ des vrais jumeaux sont concordants pour le trouble, contre seulement 11 % pour les faux jumeaux. L’héritabilité de la dépression suggère que plusieurs gènes sont impliqués dans son étiologie, agissant en synergie avec des stimulations de l’environnement dans le parcours de vie de l’individu. Les systèmes nerveux des personnes déprimées montrent une diminution de l’activité de plusieurs amines biogènes, la dopamine, la noradrénaline et surtout la sérotonine, impliquées dans la neurotransmission. C’est à ce niveau qu’agissent les antidépresseurs.

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