Cancer du pancréas

Avril 2010

S’il est relativement rare, le cancer du pancréas est hélas l’un des plus redoutables.

Cancer du pancréas

© Inserm, JJ Duron  - Cancer du pancréas.

Cancer du pancréas.

Glande abdominale, le pancréas est situé derrière l'estomac, devant et au-dessus des reins. Cet organe se compose d’une partie "exocrine", produisant des enzymes nécessaires à la digestion, et d’une partie "endocrine", fabriquant diverses hormones dont l'insuline. S’il est relativement rare, le cancer du pancréas est hélas l’un des plus redoutables.

Les différents types de cancer et leur incidence dans la population

Dans la grande majorité des cas (environ 95 %), les cancers du pancréas touchent la partie exocrine. On parle alors d'adénocarcinome pancréatique. Dans environ 5 % des cas, le cancer atteint la partie endocrine de la glande : on parle alors de tumeur neuro-endocrine ou de carcinome endocrine du pancréas. Une infime minorité de cancers se développe sur le tissu conjonctif de l’organe. Il existe aussi différentes tumeurs bénignes du pancréas.
On estime à 10.140 le nombre de nouveaux cas en 2010 avec une mortalité équivalente la même année. Environ 70 % des cas se déclarent chez des personnes de 65 ans et plus. Les hommes sont un peu plus touchés que les femmes (taux d’incidence de 7,7 contre 4,7 cas pour 100 000). Entre 1980 et 2005, l’incidence a augmenté de 3,8 % chez les femmes, de 2,0 % chez les hommes.

Les facteurs de risque et les prédispositions génétiques

© p. Latron, Inserm - Vanessa Arfi, dépôt d'échantillons sur gel d'agarose. Électrophorèse en gel d'agarose au laboratoire de l'équipe 5

Dépôt d'échantillons sur gel d'agarose.

Le tabagisme est un facteur avéré de développement du cancer pancréatique. Plus de 20 % des cancers du pancréas lui sont attribuables (risque multiplié par 2,7 chez les fumeurs réguliers). Un régime trop riche en graisses animales pourrait jouer un rôle, comme dans de nombreux autres cancers, mais le lien avec l’alimentation fait encore l’objet de recherches. Le risque lié à la consommation excessive de café, parfois évoqué dans le passé, n’est plus retenu actuellement.
L’excès d’alcool peut provoquer des pancréatites chroniques, qui sont un facteur favorisant le développement du cancer. Ces pancréatites peuvent elles-mêmes avoir d’autres causes que l’alcoolisme : formes tropicales, auto-immunes, génétiques comme dans la mucoviscidose.
On trouve des associations statistiques du cancer du pancréas avec l’obésité, le diabète, l’exposition régulière à certains solvants et produits industriels.

 

Comme pour la plupart des tumeurs malignes, l’hérédité a son mot à dire : prédisposition spécifique au cancer du pancréas ou terrain plus général de susceptibilité à différents types de cancers. On compte environ 10 % de cancer du pancréas ayant une origine clairement familiale (en incluant les pancréatites familiales chroniques aboutissant à une tumeur). Des gènes associés aux cancers du sein, au mélanome familial, au cancer du côlon héréditaire, au syndrome de Peutz-Jeghers, à l’ataxie avec télangiectasies et à d’autres pathologies rares augmentent le risque de cancer du pancréas. En cas d’antécédents familiaux, surtout précoces (avant 50 ans), une consultation dans un service de conseil en oncogénétique peut apporter des informations utiles au patient.

Des symptômes tartifs

Le cancer du pancréas est une "maladie silencieuse" dont les premiers symptômes sont le plus souvent anodins et non spécifiques. De là un diagnostic tardif, qui rend plus difficile le traitement. Lorsque le cancer est déjà développé, les signes les plus manifestes sont :

  • la coloration jaune de la peau (ictère), par l’obstruction de la voie biliaire, avec démangeaisons cutanées, urines foncées, selles décolorées,
  • les douleurs abdominales, intenses, irradiant dans le dos,
  • une perte d'appétit, avec amaigrissement rapide,
  • le développement d’une phlébite.

Selon la localisation exacte du cancer (tête, corps ou queue du pancréas, cellules des îlots de Langherans), d’autres symptômes apparaissent : vomissements, blocage du transit intestinal, diarrhées chroniques, diabète, hypoglycémies (chutes du taux de sucre dans le sang), ulcères digestifs, inflammation des voies biliaires (angiocholite)…

Le dépistage et le diagnostic

Carcinome pancréatique

Carcinome pancréatique

Plusieurs marqueurs tumoraux présents dans le sang sont analysés, mais ils ne servent qu’à affiner le diagnostic, sans certitude sur l’existence d’un cancer : CA 19-9, chromogranine A. D’autres marqueurs (antigène carcino-embryonnaire, CA-125, CA-50, DUPAN-2, SPAN-1, POA) sont encore moins sensibles. Le bilan inclut aussi d’autres mesures sanguines et fonctionnelles : amylase, lipase, élastase 1, glycémie.
Le bilan sanguin se complète nécessairement d’un dépistage par imagerie médicale : échographie abdominale, scanner abdominal avec injection de produit de contraste. Le praticien peut alors visualiser la tumeur pancréatique et réaliser son bilan d'extension locorégional (vasculaire, ganglionnaire, rétropéritonéal). Il existe des examens complémentaires comme la CPRE (cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique). En cas d’extension à d’autres organes (foie, poumons, cerveau), des examens spécifiques sont nécessaires. L’analyse d’un extrait de pancréas (biopsie) prélevé par écho-endoscopie permet de caractériser si nécessaire les cellules cancéreuses.
Ces stratégies de diagnostic ont aussi pour but de définir la meilleure stratégie thérapeutique.

Une thérapie difficile et un taux de survie encore faible

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C'est quoi la chimiothérapie ?

Le cancer du pancréas est difficile à soigner et son pronostic est sombre : taux de survie inférieur à 5 % pour l’ensemble des malades 5 ans après le diagnostic, 10 à 30 % chez ceux dont la tumeur était opérable lors du diagnostic.

La chirurgie est le traitement de première intention. Mais l'ablation du pancréas (pancréatectomie) suppose certaines conditions : bon état général du patient, cancer localisé (non métastasé), pas de gros vaisseau sanguin (veine porte notamment) à proximité.La radiothérapie et la chimiothérapie sont indiquées pour les cancers inopérables ou en complément de certaines exérèses, pour limiter le risque (élevé) de récidive. Elles améliorent la qualité de vie et contrôlent la croissance de la tumeur. Chez certains malades, une chimiothérapie peut réduire la tumeur originelle et rendre envisageable une intervention chirurgicale.

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