Prématurité : un monde à explorer

Mars 2009

Depuis une vingtaine d’années, le nombre d’enfants nés avant terme n’a cessé d’augmenter en France et dans le monde.

Les avancées en médecine et une meilleure prise en charge ont permis de donner à ces bébés de plus grandes chances de survie. Cependant, il reste encore beaucoup à explorer pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce statut médical particulier. A cette fin, l’Inserm s’est notamment impliqué dans la création d’une fondation scientifique : "PremUp".

Une définition bien cadrée

© Agence Phanie, Philippe Voisin - Pierre-Yves Ancel, chercheur Inserm coordonnateur de l'étude Epipage 2

La prématurité est une naissance avant le terme normal de grossesse. La durée normale de grossesse est de 40 à 41 semaines. Cependant, il existe des degrés de prématurité qui sont définis notamment par une recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'âge gestationnel est un critère nécessaire et suffisant. Tout enfant né avant le terme de 37 semaines révolues d'aménorrhée (absence de règles), soit huit mois de grossesse, est considéré comme un prématuré. "En termes cliniques, explique Pierre-Yves Ancel, coordonnateur de l’étude EPIPAGE 2 (unité Inserm 953), les grands prématurés sont des enfants nés entre 22 semaines et 32 semaines d’aménorrhée, quel que soit leur poids de naissance. En dessous, c’est ce que l’on appelle les fausses couches." En effet, la limite pratique de viabilité du très grand prématuré est estimée actuellement à 22 semaines d’aménorrhée. "Les différentes avancées scientifiques ont permis d’améliorer la survie de ces enfants, explique François Goffinet, directeur de l’unité Inserm 953 [Recherche épidémiologique en santé périnatale et en santé des femmes], mais il reste un risque essentiel : celui de la survenue de complications et de séquelles."

La prématurité en chiffres

© Inserm, Michel Depardieu - Nouveau-né en couveuse

Nouveau-né en couveuse

Depuis l'an 2000, la France connaît une reprise de la natalité : 775 000 naissances en 2000, 778 000 en 2001, pour atteindre plus de 807 000 naissances en 2008. D’après une enquête de l’INSEE, on a observé entre 1998 et 2008 une hausse du taux de natalité de plus de 9 %. "Selon les dernières enquêtes nationales périnatales, dont la coordonnatrice scientifique est Béatrice Blondel, de l’Inserm, explique François Goffinet, on estime que naissent chaque année plus de 55 000 prématurés. De plus, un bébé sur 5 né avant terme est un grand prématuré. En 2003, la chercheuse a constaté que le taux de prématurés avait augmenté, et particulièrement, le taux de grands prématurés. Ce dernier serait autour de 10 – 18 %." Sur la même période, le nombre d’enfants nés de grossesses multiples est passé d'environ 21 000 en 1996-1997 à 33 000 en 2001 : ils représentent ainsi plus de 4 % des naissances. Ces deux facteurs - augmentation des naissances et augmentation des grossesses multiples - entraînent un accroissement important du nombre de naissances prématurées.

Des causes multiples

© Agence Phanie, Philippe Voisin - François Goffinet, directeur de l'unité Inserm 149

Il existe deux types de prématurité. Lors d'une prématurité dite spontanée, "La patiente, pour de multiples raisons, explique François Goffinet, va se mettre en travail prématurément, souvent aux alentours du cinquième ou du sixième mois de grossesse. On ne connaît pas toujours les raisons à l’origine de ce travail avant terme, mais on pense qu’elles pourraient être liées à un environnement infectieux. On peut aussi noter, comme raison, la rupture prématurée des membranes (poche des eaux)."

La prématurité peut être aussi induite ou iatrogène. "En présence de facteurs engageant le pronostic vital de la mère ou de l’enfant, les médecins décident d’arrêter la grossesse en pratiquant une césarienne, souligne François Goffinet. Dans le cas de l’enfant, on estime qu’en laissant le bébé in utero, il risque de mourir. La cause principale est le retard de croissance intra-utérin. Pour une raison souvent inconnue, le fœtus ne croît plus. Dans le cas où la vie de la mère est en danger, c’est très souvent la pré-éclampsie (hypertension de la grossesse) qui est responsable. Cette dernière est une maladie liée au placenta. Il a en effet été constaté que la mère se remet vite de la maladie une fois le placenta retiré."
Les causes et maladies responsables de ces deux grands groupes sont très différentes. Elles représentent 90 à 95 % des cas. En moyenne, 60 % des accouchements prématurés sont d’origine spontanée, et 40 % induits par les médecins.

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