Danièle Evain-Brion, un chercheur engagé

Chercheur et médecin, Danièle Evain-Brion s’est très vite passionnée pour tout ce qui touche à la grossesse et à la naissance, et a tout fait pour que ces deux thématiques soient reconnues comme des sujets de recherche à part entière. Elle est à l’origine de la fondation scientifique PremUp.

© Agence Phanie, Philippe Voisin - Danièle Evain-Brion, Présidente du comité de pilotage de la Fondation PremUP

Danièle Evain-Brion, Présidente du comité de pilotage de la Fondation PremUP

Tout commence par un parcours médical classique. Danièle Evain-Brion est interne des hôpitaux de Paris. Après avoir suivi le tronc commun d’études en médecine, elle se spécialise en pédiatrie et endocrinologie. Durant son internat, le jeune médecin effectuera une année de recherche dans le laboratoire de Jean Bertrand à Lyon, sous l’égide de José Saez, alors directeur de recherche à l’Inserm, aujourd’hui décédé. "J’ai trouvé dans la recherche quelque chose qui m’a tout de suite attirée, explique Danièle Evain-Brion. J’ai donc décidé d’orienter ma carrière vers la recherche en intégrant l’Inserm. Toutefois, j’ai toujours gardé une activité clinique de consultation en endocrinologie pédiatrique."

Très vite, le chercheur va s’intéresser à un organe particulier, le placenta. "C’est un organe qui est à l’interface de plusieurs sujets de biologie, raconte-t-elle. On peut noter par exemple qu’il n’est pas rejeté par la mère, alors que sur le plan immunologique il devrait l’être. Il s’implante très profondément dans le tissu maternel, ’comme une tumeur ’, mais c’est une invasion contrôlée. Ces caractéristiques, spécifiques au développement de cet organe, ont tout de suite attiré mon attention en termes de recherche." Danièle Evain-Brion a toujours eu une carrière à l’interface entre la clinique et la recherche. L’avantage du placenta, c’est qu’il intéresse à la fois les gynécologues obstétriciens, les pédiatres, mais aussi les chercheurs, en raison notamment des cellules souches qu’il contient.

Fin 2006, un appel d’offres est passé concernant les centres thématiques de recherche. Danièle Evain-Brion, ainsi que tous ceux qui l’on aidée à monter un dossier, ont vu là une chance extraordinaire de donner une visibilité à une thématique si peu représentée et si peu reconnue. "La grossesse n’est évidemment pas une maladie, souligne-t-elle, mais les pathologies qui lui sont associées sont souvent lourdes de conséquences pour la mère ou pour le nouveau-né. Parmi ces pathologies, il y en a une qui explique le nom de la fondation, grossesse et prématurité, qui est la pré-éclampsie, une maladie d’origine placentaire." À l’heure actuelle, on ne sait pas grand-chose de cette maladie, qui est pourtant la cause principale de prématurité sévère. Il n’y a, par exemple, aucun moyen de la diagnostiquer précocement, et aucun traitement pour la soigner. Seule certitude, quand le placenta est retiré du ventre de la mère, la maladie s’arrête.

Ce fut le point de départ de l’aventure PrempUp, pour la chercheuse qui préside actuellement le comité de pilotage de cette fondation. Très vite, et en raison de son parcours, Danièle Evain-Brion a mobilisé la recherche médicale sur ces deux thématiques, et créé un réseau en regroupant des compétences médicales et scientifiques. L’aventure a commencé, il y a deux ans… A suivre.

PremUp, une fondation pour les prématurés
Le 21 septembre 2007, un décret signe l’acte de naissance de la Fondation PremUP. Cette fondation de coopération scientifique, qui bénéficie du label de Réseau thématique de recherche et de soins (RTRS), est le seul RTRS en France dédié à la femme enceinte et au nouveau-né. Depuis sa création, la fondation a pour principal objectif de soutenir la recherche pour préserver la santé de la femme enceinte, lutter contre l’accouchement prématuré et protéger l’enfant prématuré.
Afin de protéger le prématuré notamment contre les anomalies de développement cérébral et pulmonaire et prévenir au mieux les risques d’accouchement avant terme, PremUP s’est dotée de 4 plateformes :
- un physiopôle placentaire qui permet développer la pharmacologie périnatale, et surtout de rechercher de nouveaux biomarqueurs,
- une plateforme d’essais thérapeutiques sur la prématurité "THERAPrem" permettant d’effectuer des études de molécules et de médicaments,
- une plateforme expérimentale en imagerie périnatale "PremIMAGE",
- des bases de données sur la prématurité en Ile-de-France.

Pour aller plus loin

Sites

Unité Inserm 767

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