Accroître les connaissances relatives aux sciences de la vie et de la santé et améliorer la compréhension des phénomènes biologiques : la recherche fondamentale est avant tout source de savoir. Imprévisible en termes de résultats, cette recherche exploratoire est en outre particulièrement efficace pour faire émerger des concepts totalement nouveaux, moteurs du progrès et de l’innovation.

La recherche fondamentale a pour principal objectif la production de savoir et la compréhension des phénomènes naturels. En sciences de la vie et de la santé, il s’agit notamment de décrypter les mécanismes du vivant : le fonctionnement de l’organisme humain bien sûr, mais aussi celui des organismes et de toutes autres entités avec lesquels il interagit.

Expérimenter pour comprendre

Cette recherche exploratoire s’appuie sur la curiosité et la créativité des chercheurs. Partant des connaissances déjà disponibles et de leurs observations, les scientifiques formulent des questions et des hypothèses sur ce qu’on ne connaît pas encore. Pour tester ces hypothèses, ils imaginent des expériences qui les conduiront à produire de nouvelles données.

Les résultats de ces recherches sont imprévisibles : un chercheur n’obtiendra pas toujours la réponse à sa question de départ. Mais il découvrira parfois des éléments répondant à une toute autre problématique, ou encore des phénomènes totalement inattendus !

Dans tous les cas, la recherche fondamentale fait progresser les connaissances.

De la recherche fondamentale à l’innovation et aux progrès

Pour produire de l’innovation, il est toujours possible d’améliorer l’existant. Mais les progrès les plus significatifs se fondent le plus souvent sur des découvertes issues de la recherche fondamentale :

Sans les études sur les mécanismes fondamentaux de l’immunologie, l’immunothérapie n’aurait pas vu le jour. Or cette stratégie thérapeutique a changé la donne dans la prise en charge de certains cancers. Autre exemple : c’est en s’appuyant sur les résultats de travaux fondamentaux et théoriques sur la résonance magnétique nucléaire qu’il a été possible de développer l’IRM, une technique d’imagerie médicale aujourd’hui couramment utilisée.

Les exemples sont innombrables et la frontière entre recherche fondamentale et recherche appliquée devient finalement assez floue : non seulement la première nourrit la seconde, mais les progrès technologiques produits par la recherche appliquée sont devenus indispensables à une recherche fondamentale performante.

"La recherche scientifique est, à la fois, une démarche créatrice de connaissances motivée par la curiosité pure et une activité génératrice d’innovations qui augmentent les moyens d’action et de diagnostic sur la nature, l’homme et la société. Ces deux aspects de la recherche, le fondamental et l’appliqué, loin de s’opposer, sont complémentaires l’un de l’autre. La recherche fondamentale crée le socle de connaissances à partir duquel naissent les applications et, inversement, les avancées technologiques procurent les outils d’investigation de plus en plus perfectionnés qui conduisent à approfondir nos connaissances fondamentales." 
Serge Haroche, Prix Nobel de physique 2012
Source : lettre du Conseil scientifique de l’Inserm

L’Inserm et la recherche fondamentale

La recherche fondamentale en lien avec les questions de santé humaine est l’une des composantes importantes qui caractérise les activités menées à l’Inserm. Cette recherche est très présente dans les unités de recherche et les approches fondamentales sont largement soutenues à l’Inserm.

Ce soutien se matérialise à la fois par ses programmes transversaux thématiques, et par les études conduites dans le cadre du volet recherche des plans nationaux de santé. Plus généralement, l’Inserm soutient les études qui permettent la convergence des approches fondamentales conduites à l’échelle moléculaire et cellulaire, à l’échelle du tissu et de l’organe, à l’échelle de l’organisme voire à l’échelle des populations.

Environ 40% des publications scientifiques des chercheurs de l’Institut correspondent à des travaux de recherche fondamentale (les 60% restant correspondant à des recherches médicales).