Frédérique Lesaulnier, Prix Innovation 2020

Depuis le début de l’épidémie, jamais autant d’études sur la Covid-19 n’auraient été lancées aussi rapidement à l’Inserm sans – en partie – l’intervention de Frédérique Lesaulnier, déléguée à la protection des données de l’Institut. Son travail a été distingué par le Prix Innovation.

Frédérique Lesaulnier © Inserm/François Guénet
Frédérique Lesaulnier © Inserm/François Guénet

Nom, prénom, adresse, antécédents médicaux… : sensibles mais parfois indispensables à la recherche médicale, ces informations peuvent mener à l’identification des personnes qui participent aux études de l’Inserm. Heureusement, Frédérique Lesaulnier, docteur en droit, spécialiste en protection des données dans la recherche médicale, veille au grain ! "Après dix ans passés à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), j’ai rejoint l’Inserm en 2014. Avec pour première mission : préparer l’Institut à la mise en œuvre du Règlement général relatif à la protection des données (RGPD), entré en application en 2018", raconte cette adepte de la randonnée en montagne, qui a "gravi les 4 000 mètres du sommet alpin Breithorn, l’été dernier, avec un sac aux couleurs de l’Inserm et un tee-shirt à celles de la Cnil."

Une étroite collaboration entre l’Inserm et la Cnil

Depuis le début de la crise sanitaire, elle a veillé à ce que la Cnil dispose de l’ensemble des informations nécessaires pour autoriser dans les meilleurs délais les études sur la Covid-19. "Pour donner son aval, la commission a besoin de savoir quelles informations doivent être collectées, pourquoi elles sont indispensables, pendant combien de temps il faut les conserver et comment elles seront protégées", détaille la juriste dont le rôle est d’être un relais entre les chercheurs de l’Inserm et la Cnil. Elle tient à "dédier son prix aux chercheurs et aux collègues de la Cnil" avec lesquels elle a travaillé dans l’urgence "de façon quotidienne, dans le cadre d’une procédure accélérée". Cette dernière a permis l’obtention des autorisations en 2 à 3 jours, contre habituellement 2 à 4 mois.

Pour Frédérique Lesaulnier, "cette période inédite montre combien l’union des compétences de chacun permet d’œuvrer ensemble, plus efficacement, dans l’intérêt de la santé de tous. Et ce, dans le respect de la protection des données."