Faudrait pas s’en tamponner ⏰🚽 : C’est quoi le choc toxique ?

Il est très rare, mais suffisamment grave pour ne pas s’en tamponner ! Le syndrome du choc toxique lié aux règles est une maladie infectieuse, parfois mortelle, favorisée par un mauvais usage des tampons ou coupelles périodiques. Alors autant prendre le temps de bien lire leur notice, et celui de changer régulièrement sa protection.

Si notre microbiote est pour l’essentiel composé de microbes qui veulent notre bien, il peut aussi abriter quelques ennemis qui attendent leur heure pour nous empoisonner la vie. Ainsi, environ 1 % des femmes portent dans leur vagin une bactérie de la famille des staphylocoques dorés qui ne leur pose généralement aucun problème mais qui peut, dans certaines conditions, entraîner le fameux syndrome du choc toxique pendant leurs règles.

Lorsqu’on utilise un tampon ou une coupelle menstruelle, le sang stagne dans le vagin. Se crée alors un environnement très favorable à la multiplication de cette bactérie. Or cette dernière sécrète une toxine qui, se diffusant dans l’organisme via la circulation sanguine, peut s’attaquer à nos organes : foie, reins, poumons… Dans un premier temps, cela se manifeste par une forte fièvre, des symptômes qui rappellent ceux de la grippe ou de la gastro, ou encore des éruptions cutanées. Mais dans les cas les plus extrêmes, le choc toxique peut entraîner une défaillance des organes, un coma, voire le décès.

Rassurez-vous, non seulement ce scénario catastrophe est rare, mais il est même possible d’en réduire le risque, tout simplement en changeant son tampon ou en vidant sa coupelle toutes les 4 à 6 heures (et donc en privilégiant les serviettes hygiéniques pour la nuit !!). Par ce simple geste, on évacue les fâcheuses bactéries potentiellement présentes dans le vagin.

Ainsi, ce n’est pas le tampon ou la coupelle qui est responsable du choc toxique, mais plutôt leur mésusage. Une étude récemment conduite par des chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie* de Lyon et du Centre national de référence des staphylocoques a montré que le risque de syndrome de choc toxique est multiplié par deux lorsqu’on garde un tampon plus de six heures, et par trois quand le tampon est porté toute la nuit. Les chercheurs ont aussi observé que le fait de ne pas lire les instructions accompagnant la boîte de tampons, ou de ne pas les suivre, est également associé à un risque accru de choc toxique. Alors n'hésitez pas à consulter la notice !

Pour en savoir plus sur cette étude

Tampons et chocs toxiques : quels sont les risques ? - animation pédagogique - 1 min 58 - 2020

Note :
* unité 1111 Inserm/CNRS/ENS/Université Claude Bernard Lyon 1