Spécialiste mondiale de l’épigénétique, Edith Heard a notamment découvert une partie des mécanismes qui régulent l’inactivation du chromosome X et le rôle de l’organisation nucléaire dans ce processus.

Edith Heard © Inserm/Delapierre, Patrick
Edith Heard © Inserm/Delapierre, Patrick

Professeure au Collège de France, Edith Heard dirige l’unité Génétique et biologie du développement* à l’Institut Curie. Elle mène ses recherches sur l’inactivation du chromosome X, sa régulation épigénétique au cours du développement, ainsi que sa dérégulation dans les cellules cancéreuses.

Point d’orgue de sa carrière, l’équipe d’Edith Heard a découvert en 2012, en collaboration avec des chercheurs américains, une organisation inattendue des chromosomes : la chromatine qui allie ADN et protéines, s’organise selon des domaines topologiques d’association qu’ils ont baptisés TAD (topologically associating domains). Ces derniers rangent l’ADN comme un "fil de laine" qui formerait plusieurs pelotes, chacune correspondant à un TAD. Cet "effet pelote" participe à la régulation de l’expression des gènes et au phénomène de l’inactivation du chromosome X.

Au-delà de ses activités de recherche et d’enseignement, Edith Heard s’attelle au développement de PAUSE, un programme national piloté par le Collège de France, qui vise à développer une science sans frontière, en accueillant en urgence les scientifiques en exil en provenance de pays où la situation politique ne leur permet plus d’exercer leur métier et met leur vie et celle de leur famille en danger.

En 2019, Edith Heard deviendra la Directrice générale de l’European Molecular Biology Laboratory (EMBL), un événement significatif pour cette Européenne convaincue.

Note :

*unité 934 Inserm/CNRS/UMPC/Institut Curie