Cholestérol et DMLA, des liens suspects

Science

Le métabolisme du cholestérol et la dégénérescence maculaire liée à l’âge seraient contrôlés par au moins deux gènes communs. C’est ce que montre une équipe de l’Inserm qui propose ainsi de nouvelles pistes pour améliorer la prévention et le traitement de cette maladie.

Métabolisme du cholestérol et dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) semblent intimement liés. C’est en tous les cas ce que suggère une nouvelle étude de l’Inserm. Les chercheurs y montrent que des gènes impliqués dans le transport sanguin du cholestérol semblent avoir une influence sur la survenue de la maladie oculaire.

Des points communs

L’idée d’une association entre ces deux facteurs n’est pas nouvelle. De précédents travaux ont en effet montré que le HDL, une lipoprotéine qui déplace le cholestérol vers le foie pour y être éliminé, transporte également la lutéine et la zéaxanthine, deux molécules anti-oxydantes de la famille des caroténoïdes, soupçonnées de jouer un rôle préventif dans la DMLA. Les chercheurs se sont donc interrogés sur la nature de l’association entre le métabolisme du cholestérol, les concentrations plasmatiques de ces deux caroténoïdes et le risque de survenue de la maladie oculaire.

Pour cela, ils ont travaillé à l’échelle de la génétique à partir de la cohorte Aliénor. Cette cohorte est composée de sujets âgés de plus de 73 ans, issus de la population générale vivant à Bordeaux. Les chercheurs ont évalué le statut vis-à-vis de la DMLA chez près de mille personnes incluses dans l’étude et ont ainsi constitué trois groupes : absence de DMLA, DMLA précoce ou DMLA avancée. En parallèle, ils ont analysé cinq gènes impliqués dans le fonctionnement du HDL-Cholestérol et évoqués dans de précédents travaux sur la DMLA. « L’objectif était de trouver des variants associés à une modification à la fois du risque de DMLA et des concentrations plasmatiques de lutéine et de zéaxanthine », résume Bénédicte Merle*, co-auteur des travaux.

Deux gènes associés

Les résultats montrent que deux de ces gènes semblent effectivement avoir une influence sur la survenue de la DMLA. Un variant du gène LIPC est associé à une réduction du risque de DMLA précoce et avancée, ainsi qu’à une concentration plus élevée de zéaxanthine. Quant au gène LPL, il est, à l’inverse, associé à une augmentation du risque de DMLA précoce et à une plus faible concentration de lutéine.

« Ces travaux sont très préliminaires, mais ils confirment l’association entre les gènes impliqués dans le métabolisme du cholestérol et la DMLA. Ils pointent du doigt deux gènes impliqués dans cette double mécanique. Si ces données devront être validées sur une plus large cohorte, ils offrent déjà de nouvelles pistes de travail pour prévenir et/ou traiter cette dégénérescence rétinienne», conclut Bénédicte Merle.

 

Note :
*Unité 897 Inserm / Université Bordeaux Segalen

Source : 
B. Merle et coll. Association of HDL-Related Loci with Age-Related Macular Degeneration and Plasma Lutein and Zeaxanthin: the Alienor Study. PLoS ONE du 6 novembre 2013, 8(11): e79848. doi:10.1371/journal.pone.0079848