Rhinite allergique

Dossier réalisé avec la collaboration du conseil scientifique de la Société française d'allergologie - Mise à jour : mars 2016

La rhinite allergique est la manifestation la plus courante et la plus constante de l’allergie respiratoire. Les acariens, les pollens de graminées et les chats en sont les trois principales causes. Sa prise en charge passe par des mesures d’éviction, un traitement médicamenteux et la désensibilisation.

La rhinite se caractérise par la survenue régulière, en dehors d’épisodes de rhume ou de grippe, d’éternuements en salve, d’écoulement et d’obstruction nasale. Des signes conjonctivaux, d’intensité variable, sont fréquemment associés : rougeur de l’œil, larmoiements, impression de sable dans les yeux

Les circonstances de survenue sont souvent caractéristiques : exposition à la poussière, promenade champêtre au printemps, tonte de la pelouse, proximité d’un chat…

La fréquence de la rhinite allergique a été multipliée par quatre au cours des trois dernières décennies, affectant à présent plus de 25% de la population générale en France. Bien que cette affection soit bénigne, elle pose un vrai problème de santé publique, du fait de sa fréquence et de son impact important sur la qualité de vie. Dans les formes sévères, elle conduit à un véritable handicap, cause de troubles du sommeil, d’irritabilité, d’absentéisme scolaire, d’arrêt de travail…

 

Quelles sont les principaux allergènes en cause ?

Tous âges confondus, les trois plus forts pourvoyeurs de rhinite allergique sont, par ordre décroissant, les acariens de la poussière de maison, les pollens de graminées et les chats.

Des différences importantes s’observent cependant selon les pays : pour exemple, les acariens sont quasiment inexistants en Scandinavie du fait du climat froid et sec, tandis que les chats et les pollens de bouleau sont au-devant de la scène. En Italie, pollens de cyprès et de pariétaire sont à l’origine de manifestations allergiques fréquentes et intenses.

Un test diagnostic à lecture rapide

Asthme à l'étude -  Test allergologique cutané sur un patient asthmatique à l'institut du Thorax, hôpital Laennec, Nantes. © Inserm, P. Latron

Asthme à l'étude

Le diagnostic de rhinite allergique est établi par un médecin allergologue. Après l’interrogatoire, le médecin réalise une enquête cutanée allergologique. Il s’agit de tests à lecture rapide, dont la réalisation, interprétation comprise, n’excède pas 15 minutes. Le médecin applique à la surface des avant-bras des gouttes d’allergènes au travers desquelles il pique la peau au moyen d’une très petite aiguille stérile à usage unique. Le test est quasiment indolore.

Des tests biologiques, réalisés au moyen d’une prise de sang, peuvent compléter ce bilan. Il s’agit de mettre en évidence des anticorps caractéristiques de l’allergie et de l’allergène en cause, appelés immunoglobulines de type E (IgE).

 

Une composante héréditaire bien établie
Le diagnostic d’allergie respiratoire est souvent conforté par l’existence de cas similaires dans la famille, père, mère, frères et sœurs. Un individu dont les deux parents sont allergiques le sera lui-même dans 7 cas sur 10. Cette composante héréditaire de l’allergie respiratoire est clairement établie et dûment prouvée.

Quelle prise en charge ?

Le traitement de la rhinite allergique passe par trois voies :

  • l’éviction allergénique,
  • le traitement médicamenteux,
  • la désensibilisation.

L’éviction allergénique consiste à réduire au maximum la charge allergénique de l’environnement. Elle a surtout fait la preuve de son efficacité dans le domaine de l’allergie aux acariens. Les efforts doivent être concentrés sur la chambre à coucher où l’on recommande :

  • le retrait des moquettes, tapis, peluches, meubles capitonnés,
  • l’aération quotidienne dans le but de réduire l’humidité relative,
  • l’aspiration fréquente.

La température de la chambre ne doit pas excéder 20°C. L’allergique doit avoir présent à l’esprit que les acariens affectionnent la chaleur et l’humidité, propice à leur développement (raison pour laquelle ils sont quasiment inexistants en Scandinavie).

L’éviction est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre au cours de l’allergie pollinique. Cela n’empêche pas de suivre quelques règles propres à éviter une exposition allergénique massive :

  • ne pas tondre la pelouse, éviter les promenades champêtres en période pollinique, en particulier les jours ventés et ensoleillés,
  • aérer la maison tôt le matin ou tard le soir, fermer les fenêtres en fin d’après-midi, moment de la journée où la densité pollinique est la plus forte,
  • ne pas sortir les cheveux mouillés, éviter de faire sécher son linge à l’extérieur.

Le traitement médicamenteux est représenté au premier chef par les antihistaminiques H1 qui constituent le traitement de première ligne de la rhinite allergique et représentent plus de 90% des prescriptions. Ils sont donnés en prise unique quotidienne, à la demande quand les symptômes sont intermittents, de façon continue et quotidienne pendant toute la période symptomatique quand la rhinite est persistante. Les corticoïdes nasaux sont souvent utilisés en renfort ou en alternative aux antihistaminiques. Ils sont plus efficaces que ces derniers sur l’obstruction nasale.

La désensibilisation a pour but de rendre le patient tolérant vis-à-vis de l’allergène responsable. C’est une sorte de traitement vaccinal des allergies, reposant sur l’administration régulière d’extraits allergéniques pendant une période prolongée, idéalement 3 à 5 ans. Néanmoins, les bénéfices sont beaucoup plus précoces, apparaissant nettement au bout de trois ou quatre mois. Pendant longtemps, la désensibilisation se faisait par injections sous-cutanées, hebdomadaires puis mensuelles. Depuis plusieurs années, on tend à lui préférer la voie sublinguale, moins contraignante et mieux tolérée. Il s’agit de prendre le matin des gouttes d’allergènes, gardées deux minutes sous la langue puis avalées. L’effet protecteur de la désensibilisation se prolonge habituellement plusieurs années après l’arrêt de celle-ci. Plusieurs études montrent en outre que ce traitement réduit le risque de développer d’autres allergies, et celui de voir apparaître un asthme.

Des comprimés pour simplifier encore la désensibilisation
Ces dernières années ont vu l’apparition de la désensibilisation sous forme de comprimés d’allergènes, pour l’heure réservée au traitement de l’allergie aux pollens de graminées. Il s’agit d’une innovation importante, simplifiant le traitement, évitant la conservation des allergènes au réfrigérateur, assurant une posologie optimale, dûment éprouvée en termes d’efficacité, attestée par de grandes études en double aveugle contre placebo. De nombreux développements sont en cours, et les comprimés d’allergènes devraient bientôt concerner les acariens. On est en droit de penser que l’essentiel des allergènes intérieurs et extérieurs seront ainsi couverts, dans un futur proche.

De nouvelles approches en immunothérapie allergénique sont à l’étude, se fondant sur les progrès de la biologie moléculaire. Ainsi, des peptides synthétiques correspondant à des fragments moléculaires d’allergènes sont en cours de développement. Couplés à des fragments de protéines virales ou à des molécules immuno-modulatrices, ils pourraient améliorer la tolérance et l’efficacité de la désensibilisation. Parallèlement, d’autres voies d’administration des traitements "désensibilisateurs" sont en cours d’évaluation, telles la voie épicutanée (patch) et intra-ganglionnaire. Ces nouveaux concepts, qui génèrent des travaux prometteurs, nécessiteront d’être évalués par des essais cliniques contrôlés.

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