Alphonse Laveran (1845-1922) a découvert en 1880 le parasite responsable du paludisme. Il publia le Traité des fièvres palustres avec la description des microbes du paludisme en 1884 et fut lauréat du Prix Nobel en 1907 pour ses travaux. Le paludisme est provoqué par quatre parasites du genre Plasmodium : P. falciparum, P. Vivax, P. ovale et P. malariae. La contamination par P. falciparum est la plus grave et entraîne encore une issue fatale dans 20 % des cas traités.
Le paludisme est transmis à l’homme par les piqûres de moustiques femelles du genre anophèle. Les transfusions sanguines et le partage des seringues peuvent véhiculer le parasite. La mère infectée contamine souvent le fœtus. Le cycle de Plasmodium, complexe, comporte deux étapes principales : une phase asexuée chez l’homme, et une phase sexuée chez l’homme et le moustique. L’anophèle injecte à l’homme le parasite qui migre via la circulation sanguine vers le foie, où il pénètre dans la cellule hépatique. Il s’y divise activement et la cellule du foie éclate en libérant de nouveaux parasites dans le sang : là, ils pénètrent les globules rouges et se multiplient. Lorsque ces derniers éclatent à leur tour, les parasites infectent de nouveaux globules rouges (cycle érythrocytaire). Les parasites prennent progressivement une forme sexuée à l’intérieur des globules rouges : lorsque la personne infectée est piquée par un moustique anophèle, ce dernier relance un nouveau cycle de réplication du parasite (phase sexuée).
L’incubation dure entre une à trois semaines. Chez les personnes ayant pris un traitement préventif, la maladie peut surgir plusieurs mois, voire plusieurs années, après la contamination. Toute fièvre dans les trois mois suivant un voyage en pays impaludé doit être considérée comme une urgence médicale. L’évolution de la maladie est variable : elle dépend du parasite infectant, du traitement préventif et de la rapidité des soins à partir de la première crise.
Le paludisme était présent en Europe jusqu’au milieu de XXe siècle, les derniers cas ont été recensés aux Pays-Bas après la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la recrudescence dramatique du paludisme dans les pays à faibles revenus est due à l’effet conjugué de plusieurs facteurs, le premier étant la pauvreté, auquel s’ajoute la résistance des parasites aux traitements et des moustiques aux pesticides, la déforestation et les migrations.
Plus de 80 % des cas de paludisme surviennent aujourd’hui en Afrique, essentiellement en Afrique subsaharienne. En dehors de cette zone, les principales régions concernées sont l’Asie, l’Amérique du Sud, le Moyen Orient et l’Océanie.
Plusieurs molécules anti-paludiques peuvent être utilisées en prophylaxie ou en thérapeutique. Les plus connues sont la chloroquine ou la quinine. D’autres, comme la méfloquine, sont utilisées dans les régions où vivent des parasites résistants à la chloroquine. Les traitements médicamenteux ne doivent pas faire oublier la lutte classique contre les vecteurs du paludisme : moustiquaires et insectifuges. La recherche biomédicale travaille activement à la mise au point d’un vaccin contre le paludisme. Mais la difficulté tient à la complexité du cycle de vie du parasite, rapidement exposée ci-dessus : dans sa phase asexuée (hépatique, érythrocytaire) puis dans sa phase sexuée (érythrocytaire, et chez l’anophèle), le Plasmodium prend des formes variables, avec des antigènes et des réponses immunitaires différentes.
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