Quelque 500 cas de saturnisme infantile, définis par une plombémie (concentration en plomb dans le sang) supérieure à 100 µg/l, sont déclarés chaque année en France. La cause principale en est l'ingestion, par les enfants, d'écailles ou de poussières de peintures contenant du plomb.
Tous les enfants touchés par le saturnisme sont-ils dépistés ? Les seules données nationales datent de 1995-1996 : elles estimaient à 2 % la proportion d'enfants de 1 à 6 ans atteints de saturnisme infantile, soit environ 85 000 enfants. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) mène actuellement une enquête de prévalence (2008-2009) pour actualiser ces données.
Des enquêtes ponctuelles montrent une diminution importante de la plombémie moyenne des enfants testés et une baisse de l'imprégnation de fond de la population générale. La réhabilitation de l'habitat ancien, la suppression des carburants plombés, le traitement des eaux de distribution publique, la diminution des concentrations en plomb des aliments ont sans doute contribué à cette évolution. Néanmoins, des sources d'intoxication sont encore présentes dans l'environnement, les peintures au plomb de l'habitat ancien restant de loin la première source des cas signalés.
Démarré à Paris en 1984, le dépistage du saturnisme chez l'enfant est aujourd'hui encore centré sur la région francilienne (environ 60 % des enfants testés entre 1995 et 2002). D’autres régions françaises ont mis en place des actions de dépistage importantes (région Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais, par exemple), mais cette pratique est restée très hétérogène au plan national. Seuls les enfants vivant à proximité de certains sites industriels pollués ont pu bénéficier d'un test de plombémie systématique.
Pour atteindre et repérer les enfants à risque élevé d'exposition, les acteurs de santé locaux ont développé des méthodes diverses qui reposent à la fois sur la recherche active des zones d'exposition (quartiers ou immeubles à risque) et sur des questions posées aux parents lors de consultations chez le médecin. Le risque pris en compte a été la plupart du temps celui de l'habitat ancien dégradé, et beaucoup plus rarement le risque hydrique. Quelques actions de dépistage ont été ciblées sur les enfants des travailleurs exposés au plomb (fonderie, ferraillage, poterie…).
Parmi les enjeux de santé publique autour du saturnisme infantile, on peut citer le renforcement de la prévention universelle, le couplage des stratégies de dépistage et de la réduction des expositions, l’affinement des outils de repérage des populations ayant un risque élevé d'exposition, la meilleure utilisation des constats de risque d'exposition au plomb (CREP), la sensibilisation et l’information des professionnels de santé et des familles.
Le saturnisme dans le carnet de santé
L'inclusion dans le carnet de santé en 2006 d'une question sur le risque de saturnisme constitue une mesure forte d'incitation, pour tous les médecins, à effectuer une évaluation systématique par questionnaire, lors des bilans de santé, du risque d'exposition au plomb chez tout enfant âgé de 9 mois à 6 ans.
Saturnisme. Quelles stratégies de dépistage chez l'enfant ? (2008)
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