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C'est quoi un virus ?
Le mot qui la désigne est d’origine africaine et signifie en swahili "celui qui marche courbé", en raison des symptômes liés aux douleurs articulaires et musculaires.
En 2005-2006, une épidémie importante de chikungunya a touché l’océan Indien, notamment les îles de la Réunion, Maurice, Seychelles et Mayotte, frappant plus de 300 000 personnes et faisant connaître la pathologie au grand public. Mais la description initiale de l’infection a été faite en Tanzanie en 1952. Depuis, le virus Chikungunya a été régulièrement à l’origine de flambées épidémiques cycliques principalement en milieu rural, survenant en Afrique, en Inde et au Sri Lanka ainsi qu’en Asie du Sud-Est. En 2007, une importante vague épidémique a eu lieu en Inde et, à un moindre degré au Gabon. La même année une flambée épidémique est survenue en Italie, dans la région de Ravenne, touchant environ deux cents personnes, liée à la présence connue d’un des moustiques vecteurs du chikungunya, Aedes albopictus. Le virus aurait été introduit par un voyageur en provenance d’Inde. Aedes albopictus est également présent dans le sud de la France, où sa surveillance a été particulièrement renforcée.
Après un délai d’incubation de 2 à 10 jours survient une polyarthrite aiguë fébrile touchant les poignets, les chevilles, les genoux, plus rarement les hanches ou les épaules, pouvant déboucher sur des arthrites inflammatoires. Parmi les autres symptômes, on observe des maux de tête, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée sur le tronc et les membres, parfois une polyadénopathie cervicale, une conjonctivite et des hémorragies mineures.
L’épidémie survenue à la Réunion a montré l’existence de complications neurologiques graves chez des personnes âgées et des nouveau-nés (méningo-encéphalites et polyradiculonévrites). L’évolution se fait habituellement vers une amélioration rapide, avec disparition de la fièvre en 1 à 10 jours, des signes cutanés en 2 à 3 jours, des signes articulaires en quelques semaines.
La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements antidouleurs et anti-inflammatoires, avec corticothérapie dans les formes sévères. La prévention de cette infection est à la fois collective et individuelle, reposant sur la lutte contre les moustiques vecteurs (vêtements longs, répulsifs cutanés, insecticides sur les vêtements, moustiquaire, épandages d’insecticides, élimination des gîtes larvaires potentiels).
La recherche travaille sur l’amélioration des outils diagnostiques, le séquençage des souches virales et la compréhension des déterminants de leur virulence, l’identification des cellules humaines cibles de l’infection et le cycle de vie du virus, la mise au point de modèles animaux, la production d’un vaccin et la mise au point de nouvelles méthodes de lutte contre les vecteurs.
En 2008, des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm ont développé le premier modèle murin de l'infection par le virus Chikungunya, capable de mimer les formes bénignes et les formes graves de la maladie. Ils ont ainsi déterminé quels tissus et cellules étaient touchés par le virus dans chacun de ces deux cas. Le développement d'un tel modèle animal constitue une avancée majeure, non seulement au plan physiopathologique, mais aussi parce qu'il permettra de tester de futurs vaccins et traitements contre la maladie.
Gérardin P, et al. PLoS Med 2008 ; 5 : e60 - Couderc T, et al. PLoS Pathog 2008 ; 4 : e29
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Des épidémies et des hommes
Antoine Flahault et Patrick Zylberman, Editions de La Martinière, 2008, 240 p
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