Les actions prioritaires pour faire avancer la recherche sur le cancer

L'Institut Thématique Multi-Organismes Cancer (ITMO Cancer) a défini six actions prioritaires à court et moyen terme pour la recherche contre le cancer. Ces actions sont établies en cohérence avec les recommandations du conseil scientifique de l’INCa et les actions prioritaires du Plan cancer.

Soutenir les domaines de pointe dans la recherche sur le cancer

- Comprendre les cancers pour mieux les combattre. La mortalité par cancer a diminué grâce à la prévention, au diagnostic précoce avec des tests simples ou la généralisation de l’utilisation de l’imagerie numérique. Les progrès réalisés dans la réduction de la mortalité sont également le fruit de l’amélioration des thérapeutiques. A l’inverse, le nombre de nouveaux cas de cancers augmente chaque année, ce qui justifie le renforcement des recherches afin de comprendre les étapes de la cancérisation et la mise en place de traitements mieux adaptés.

Deux difficultés doivent être vaincues : l’apparition de cellules résistantes au traitement, la toxicité des médicaments sur les cellules et les tissus normaux. Il faut donc augmenter la spécificité des traitements afin d’épargner les tissus sains. Ceci nécessite d’accroître les connaissances sur le fonctionnement des cellules normales et cancéreuses, dans la continuité des travaux des 30 dernières années qui ont abouti à des thérapies ciblées et adaptées aux caractéristiques de chaque tumeur.

- Stimuler les défenses naturelles de l’organisme. Les connaissances sur le système immunitaire (les défenses naturelles de l’organisme) ont permis la mise au point de traitements qui stimulent ces défenses : l’immunothérapie. Une approche de type vaccinal n’a toutefois pas encore abouti, les études montrent que les cellules cancéreuses sont capables de contourner les mécanismes de la réponse immunitaire. Des recherches multidisciplinaires rapprochant les spécialistes en immunologie et en biologie des cancers doivent être soutenues afin de favoriser le développement de nouvelles thérapies plus actives en termes de réponses immunitaires.

- Les modèles d’étude du cancer. Les chercheurs utilisent différents modèles pour étudier le cancer, parfois très éloignés de la maladie cancéreuse. Ainsi, c’est en étudiant les cellules normales d’espèces telles que le ver et la mouche qu’a été établi le concept de « cellules souches cancéreuses ». Celles-ci sont capables de se transformer en cellules cancéreuses et sont résistantes aux chimiothérapies classiques. Elles seraient notamment responsables de la récidive des cancers car insensibles aux chimiothérapies classiques. Des recherches sont menées sur des traitements qui pourraient agir sur ces cellules souches cancéreuses.

- Développer l’étude des altérations des gènes en cause dans les cancers. La génétique a permis d’identifier un grand nombre de gènes qui jouent un rôle majeur dans le cancer, tels BRCA1 et 2 qui prédisposent au cancer du sein. Ces avancées permettent d’identifier les membres d’une famille à haut risque de cancer et de mieux caractériser les tumeurs selon leurs altérations génétiques. Les nouvelles techniques autorisent des analyses encore plus fines, plus précises portant notamment sur des altérations rares. De grands programmes internationaux tels que le programme ICGC (Consortium international de génomique du cancer) auquel participent l’Institut National du Cancer et l’Inserm ont pu bénéficier de ces techniques innovantes. Ce programme doit permettre de définir les altérations des gènes en cause dans une cinquantaine de cancers très fréquents. Le catalogue des altérations génétiques ainsi constitué sera mis à la disposition de l’ensemble de la communauté scientifique. Enfin, l’un des enjeux majeurs de la génétique cancérologique sera d’exploiter au mieux la quantité considérable de données que ces techniques engendrent.

Améliorer les échanges entre la recherche fondamentale et la prise en charge des patients

Il est essentiel de traduire le plus rapidement possible les résultats des travaux réalisés au laboratoire en avancées pour la prise en charge des patients. Ces avancées portent sur le diagnostic, le choix du traitement, la qualité de vie… C’est l’objet de la recherche "translationnelle", qu’il est nécessaire de développer dans des centres dédiés. Elle doit mettre l’accent sur plusieurs axes :

- les relations que la tumeur établit avec son environnement immédiat ;

- les mécanismes pharmacologiques de nouvelles molécules afin de déterminer au plus tôt leur tolérance et leur efficacité et développer de nouveaux traitements innovants ;

- la recherche de "marqueurs" indicatifs de la réponse à des traitements ciblés. Il peut s’agir d’une molécule (protéine, hormone, enzyme, antigène) produite par l’organisme dont la concentration varie en cas de cancer. Ces marqueurs, bien qu’encore rares, existent déjà pour certains cancers. Par exemple, l’altération du gène EGFR est recherchée dans le cas du cancer du poumon pour déterminer la sensibilité à une thérapie ciblée spécifique.

Réduire les inégalités face au cancer

Des inégalités sont observées dans les domaines de la prévention, du diagnostic précoce, de l’accès aux soins de qualité et de la survie. La collaboration des équipes de chercheurs en sciences sociales, en santé publique, en recherche clinique doit être renforcée pour permettre non seulement de mieux connaître les facteurs sociaux, économiques, environnementaux et psychologiques responsables de ces inégalités mais aussi pour les réduire.

Rassembler les "ressources biologiques" et les données cliniques des principales tumeurs

Les "ressources biologiques" sont des fragments de tissus cancéreux ou sains, de sang, d’urines ou d’autres fluides biologiques prélevés avec l’accord des patients. Les collections sont conservés dans des tumorothèques et Centres de ressources biologiques et sont inscrites dans la tumorothèque virtuelle nationale (TVN) de l’INCa ; une communication d’envergure doit être menée auprès des patients afin qu’ils participent aux grands projets de recherche (notamment les cohortes). En effet, Le nombre de patient inclus dans les essais est aujourd’hui insuffisant. L’objectif est de permettre à 60 % des enfants atteints d’un cancer d’être inclus dans un essai clinique, ainsi qu’à 40 % des patients atteints d’un cancer du sang, à 10 % de ceux qui présentent des métastases d’une tumeur solide et à 5 % des patients de plus de 75 ans.

Développer la recherche de traitements efficaces

Cette recherche repose sur les "essais cliniques". Ils consistent à comparer - avec l’accord des patients - un traitement "standard" avec, par exemple, une nouvelle combinaison de molécules anti-cancéreuses, une nouvelle technique chirurgicale ou de radiothérapie, ou encore un nouveau mode de prise en charge.

L’INCa comme l’ITMO cancer souhaitent renforcer les essais cliniques de phase précoce en soutenant des centres de recherche dédiés (SIRIC).

Faire de la recherche française une référence internationale

La qualité et le dynamisme des équipes de recherche se traduit par des publications scientifiques. La France se situe au 4ème rang en Europe en termes de publications scientifiques et le nombre de publications dans le domaine du cancer ne cesse de progresser. Les acteurs de la recherche sur le cancer doivent renforcer leur présence dans des programmes internationaux et européens. L’INCa et l’Inserm s’attachent à développer des partenariats de coopération internationale, notamment pour favoriser la recherche clinique. Ainsi, la France participe au Consortium international de génomique du cancer (ICGC) piloté par l’INCa et l’Inserm pour produire la liste de variations génétiques présentes dans les tumeurs du sein, du foie, de la prostate, de la thyroïde et du sarcome d’Ewing. Ces travaux ont pour objectifs d’améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le cancer afin de concevoir et de définir de nouvelles stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement.

Les résultats de l’ensemble de ces données seront mis à la disposition de la communauté scientifique.

De son côté l’INCa a conclu un accord avec son homologue américain, le National Cancer Institute (NCI), pour faciliter l'accès aux molécules innovantes dans le traitement du cancer, tant pour les patients que pour les chercheurs français. Des essais cliniques portant sur des molécules innovantes sont déjà mis en œuvre en France.

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