Les animaux de laboratoire font l’objet d’un suivi très attentif, depuis leur arrivée dans les lieux d’expérimentation, pendant toute la durée des études, et jusqu’à leur réhabilitation ou leur euthanasie.

L’expérimentation animale est encadrée par des dispositifs éthiques et réglementaires garantissant le respect et la bientraitance des animaux utilisés.

Acclimatation et adaptation de l’animal

Les animaux utilisés pour la recherche sont produits par les centres de recherche ou chez des éleveurs agréés. Il est donc parfois nécessaire de les transporter jusqu’au lieu où ils seront utilisés à des fins de recherche.

Après tout transport, une période d’acclimatation est nécessaire. Elle a pour objectif de stabiliser les animaux au plan physiologique et comportemental. C’est une démarche indispensable pour le bien-être des animaux et pour la validation des résultats expérimentaux.

Une période particulière d'adaptation est également indispensable lorsque l'expérimentation implique :

  • des contraintes physiques (manipulations fréquentes, immobilisation, hébergement dans un milieu ambiant particulier)
  • un apprentissage préalable
  • l'utilisation d'animaux ayant déjà été impliqués dans une expérimentation

Le devenir de l'animal

À l’issue d'une procédure, le devenir de l'animal doit permettre de réduire le plus possible sa douleur, sa souffrance ou son angoisse potentielle.

Maintien en vie et réutilisation

L'animal doit recevoir les soins appropriés avant, pendant et après les procédures expérimentales. Placé sous la surveillance d'un vétérinaire ou d'une autre personne compétente, il est hébergé dans des conditions assurant son bien-être.

La réutilisation d'animaux dans des procédures expérimentales doit être compatible avec la réglementation. Elle ne peut se faire qu'avec l’avis du vétérinaire, lorsque l'animal a pleinement retrouvé son état de santé et de bien-être et s’il n’a pas été soumis précédemment à une contrainte jugée sévère.

Placement ou remise en liberté

La réglementation prévoit la possibilité de placer ou de remettre en liberté, dans un habitat approprié adapté à l'espèce, des animaux qui ont été utilisés dans des procédures expérimentales. Cette option nécessite une autorisation délivrée par le préfet, sous réserve que :

  • l'état de santé de l'animal, certifié par un vétérinaire, le permette
  • il n'existe aucun danger pour la santé publique, la santé animale et l'environnement (ce qui exclut les animaux transgéniques de cette démarche)
  • des mesures appropriées aient été prises pour préserver son bien-être

Un 4e R en développement : la réhabilitation des animaux

Légalement, il n’y a pas d’obligation de trouver une structure d’accueil, ni de remettre en liberté les animaux utilisés pour la recherche à la fin d’un projet. Néanmoins, dans la continuité de la règle des 3R, un quatrième R a été introduit ces dernières années : la Réhabilitation des animaux. Elle concerne essentiellement des chiens, des chats, des primates, des chevaux qui sont le plus souvent remis à des associations de protection animale, chargées de placer ces animaux dans des conditions adaptées.

L’Inserm travaille avec des associations impliquées cette démarche, comme White Rabbit ou le Groupement de réflexion et d’action pour l’animal (Graal).

A lire aussi sur ce sujet, un article de Martine Meunier (unité 1028, Centre de recherche en neurosciences de Lyon), paru sur The Conversation : Pourquoi nous cherchons une maison de retraite pour les singes de laboratoire (1er juillet 2018)

Euthanasie

L'euthanasie des animaux utilisés pour la recherche peut s'imposer pour diverses raisons : exigence du protocole expérimental (pour un prélèvement de tissus ou d’organes), risque de dommages durables pour l’animal après l’étude, atteinte d’un point-limite… L'euthanasie doit alors être réalisée selon une méthode appropriée (annexe IV de l'arrêté du 1er février 2013) et par une personne formée.  Elle est suivie d’un constat de décès et doit être notifiée sur le registre des animaux.