Michel Hamon

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C’est en rejoignant le groupe de Jacques Glowinski au Collège de France à la fin des années 1960 que Michel Hamon est entré en neuropharmacologie, domaine en plein essor depuis l’introduction des premiers psychotropes (antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques) en clinique psychiatrique une dizaine d’années auparavant. 

Même si, au cours de sa carrière, il a participé très directement au développement de nouveaux médicaments antidépresseurs, anxiolytiques ou antalgiques en collaboration avec l’industrie pharmaceutique, pour Michel Hamon, la neuropharmacologie sera, avant tout, un moyen d’investigation du système nerveux central.

Mettant à profit sa formation de biochimiste, il étudie les mécanismes de régulation de la biosynthèse de la sérotonine et de la dopamine, deux neuromédiateurs cibles de nombreux psychotropes, en analysant la capacité des neurones qui produisent ces mono-amines à s’adapter aux perturbations engendrées par des drogues. Ces travaux ont abouti à la mise en évidence du rôle clé de phosphorylations Ca2+-dépendantes dans l’augmentation de la biosynthèse des mono-amines qui accompagne leur libération accrue lors de l’activation neuronale. 

Plusieurs des psychotropes étudiés à l’époque semblaient modifier les capacités de synthèse et de libération de la sérotonine de manière indirecte, via l’activation ou le blocage de récepteurs. Plutôt que d’évaluer les capacités agonistes ou antagonistes des drogues par la mesure des conséquences métaboliques affectant la neurotransmission sérotoninergique, Michel Hamon choisit alors d’étudier directement ces récepteurs en développant des radio-ligands et en analysant les voies de signalisation en aval. 

C’est avec la sérotonine tritiée ([3H]5‑HT) qu’avec son équipe, il démontre dès 1978 que ce neuromédiateur agit en réalité sur plusieurs types de récepteurs dans le cerveau. Ensuite, en collaboration avec le service des molécules marquées du commissariat à l’énergie atomique (CEA), dirigé par Louis Pichat, il teste plusieurs dérivés tritiés de molécules neuro-actives et parvient à développer le premier radioligand sélectif ([3H]8‑OH-DPAT) du premier type de récepteur de la sérotonine clairement identifié dans le cerveau, le 5‑HT1A. Ce radioligand sera ensuite commercialisé avec succès par le CEA, et donnera lieu à de très nombreuses études partout dans le monde. Plus tard, Michel Hamon et ses collaborateurs réaliseront le premier radio-marquage in vivo du récepteur 5‑HT1A, qui débouchera sur l’imagerie par tomographie d’émission de positons (TEP) de ce récepteur chez l’homme.

Grâce à ces radio-ligands, puis aux anticorps spécifiques qu’ils seront les seuls à obtenir, seront établis d’abord la cartographie précise des récepteurs 5‑HT1A centraux, puis leur mécanisme d’adressage exclusivement somato-dendritique et, enfin, leur organisation moléculaire. 

La même stratégie appliquée à d’autres récepteurs (5‑HT1B, 5‑HT3, 5‑HT6) conduit finalement à une connaissance précise de l’organisation anatomo-fonctionnelle des systèmes sérotoninergiques centraux et incite Michel Hamon et son équipe à approfondir l’implication de ces systèmes dans le contrôle des comportements, du rythme veille-sommeil, de la douleur et des paramètres cardio-vasculaires, grâce notamment à l’utilisation de souris mutantes. Ils montrent en particulier que l’action inhibitrice des antidépresseurs sur le sommeil paradoxal résulte de l’activation des récepteurs 5‑HT1A, et que les antimigraineux de la famille des triptans (agonistes 5‑HT1B) inhibent la libération de neuropeptides algogènes comme la substance P et le CGRP (Calcitonin Gene-Related Peptide). Plusieurs stratégies innovantes ont été évaluées par l’équipe, en partenariat avec des groupes pharmaceutiques, pour le traitement des douleurs neuropathiques, ciblées sur les monoamines en interaction avec d’autres neuromédiateurs. 

Biographie

Michel Hamon est né le 15 janvier 1946 à Paris. Il a mené ses études secondaires au lycée Arago à Paris, avant d’intégrer la prépa Agro au lycée Saint-Louis, puis l’Ecole normale supérieure et la faculté des sciences de Paris. 

  • Maîtrise de biologie animale (1968).
  • Diplôme d’étude approfondie de biochimie-endocrinologie, université Paris VII (1969).
  • Agrégation de physiologie-biochimie (1970).
  • Attaché de recherche (1971), chargé de recherche (1975), maitre de recherche (1979), directeur de recherche de 1ère classe (1990), directeur de recherche de classe exceptionnelle (1999) à l’Inserm.
  • Chercheur dans l’unité Inserm 114 de neurobiologie pharmacologique, dirigée par Jacques Glowinski au Collège de France à Paris (1971–1984).
  • Doctorat ès sciences, université Paris VII, thèse portant sur les mécanismes de régulation de la biosynthèse de la sérotonine dans le système nerveux central (1974).
  • Fondateur et directeur de l’unité mixte de recherche Inserm 288/université Pierre et Marie Curie “Neuropsychopharmacologie moléculaire, cellulaire et fonctionnelle” (1985–2004), devenue unité mixte 677 “Neuro-psychopharmacologie” (2005–2008) hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
  • Responsable de l’équipe “Douleur, stress et adaptations neurovégétatives” de l’unité mixte Inserm 894/Université Paris V du Centre de psychiatrie et neurosciences, dirigé par Jacques Epelbaum, hôpital Sainte-Anne, Paris (2009–2016)
  • Professeur de neuropharmacologie à l’université Pierre et Marie Curie depuis 2011. 

Instances scientifiques et de gestion de la recherche

  • Membre de la commission scientifique spécialisée (CSS) de l’Inserm : “Système nerveux central et organes des sens, système musculaire, squelettique, pathologie mentale : physiologie, physiopathologie, pharmacologie, recherche clinique” (1983–1986) ; président de la CSS “Mécanismes moléculaires et cellulaires des maladies du système nerveux, maladies des organes des sens et du muscle” (1995–1998).
  • Membre puis vice-président du conseil scientifique de l’Institut Pasteur (1989–1992).
  • Membre du conseil scientifique de la section recherche de l’Institut Curie (1993–2001).
  • Membre du conseil scientifique de défense chimique et biologique du ministère de la Défense (1994–1997).
  • Membre du conseil de développement scientifique de la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris (1996–1998).
  • Membre du conseil scientifique de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies – MILDT (1999–2005).
  • Membre du conseil scientifique de l’Institut pour les recherches sur la moelle épinière (2000–2005).
  • Vice-président du conseil scientifique de la faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière (2001–2005).
  • Membre du conseil scientifique de la Fondation pour la recherche médicale – FRM (2003–2007).
  • Membre du comité d’orientation scientifique de l’Agence française de lutte contre le dopage depuis 2006.
  • Membre du comité d’experts de l’Institut thématique multi-organismes ITMO Neurosciences (2010–2013).
  • Membre du comité scientifique de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies depuis 2012.

Sociétés savantes

  • Vice-président (1997–1999) puis président (1999–2001) de la Société des neurosciences.
  • Membre correspondant de l’Académie nationale de médecine (2005).
  • Membre du comité exécutif et président du comité de programme scientifique du European College of Neuropsychopharmacology – ECNP (2006–2012).
  • Membre de l’external scientific committee du CIBERSAM (Réseau national – espagnol – clinique-préclinique des recherches en santé mentale) depuis 2008.
  • Vice-président (2008–2010) puis président (2010–2012) de l’Association française de psychiatrie biologique et neuro-psycho-pharmacologie (AFPBN). 

Distinctions – Prix

  • Prix de la Fondation Lacassagne (1986).
  • Prix Pierre-Bois de l’université de Montréal (1997).
  • Unrestricted Research Grant (Neurosciences) de la Bristol-Myers Squibb Foundation, New York (1999–2003).
  • Certificat « Highly Cited Researchers » ISI/Thomson Scientific (2001).
  • Prix Paul-Ehrlich de la Société de chimie thérapeutique (2002).