Michel Bourel

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Michel Bourel est reçu major à l’internat en 1946. Il associe ses activités hospitalières et de recherche en tant que stagiaire de recherche à l’Institut national d’hygiène (INH), qui forma tous les grands médecins hospitalo-universitaires de l’après-guerre dans les années 1950. Alors que la direction d’un grand service de gastroentérologie lui est proposée à l’hôpital Saint-Antoine à Paris et avant même que soit créé le système de temps plein de la loi Debré, il retourne à Rennes où il crée, en 1964, l’unité de recherche en hépatoloqie, première unité Inserm de Bretagne. 

Dès le départ, deux grands axes complémentaires d’étude se sont imposés à lui : 

  • l’un, fondamental, sur le fonctionnement de l’hépatocyte en culture ;
  • l’autre, bioclinique et épidémiologique. 

Le choix du modèle d’étude de l’unité devait répondre à deux impératifs : compléter en les affinant les résultats obtenus par l’étude du foie sur l’animal entier et ce fut le choix de la culture cellulaire ; permettre une transposition des résultats de l’expérimenta­tion animale à l’homme par culture de biopsies humaines (médicales ou chirurgicales). C’est sous sa direction que Christiane Guguen-Guillouzo et André Guillouzo mettent au point un système de culture à long terme d’hépatocytes différenciés et que le laboratoire devient le premier au monde à isoler des hépatocytes humains, en étroite collaboration avec les équipes chirurgicales du site.. 

En matière de recherche clinique, Michel Bourel est devenu le référant de l’hémochromatose, affection héréditaire caractérisée par une accumulation excessive de fer dans l’organisme. De cette maladie alors mal connue, il a précisé la sémiologie (perturbations surrénaliennes, hypophysaires, pancréatiques externes et internes, para-hormonales, cutanées et myocardiques), la physiopathologie, en démontrant le rôle pathogène du fer, et la génétique, en découvrant la liaison avec le système HLA, puis son mode de transmission autosomique récessive. 

Au début des années 1980, il préside aux premiers pas internationaux de son équipe, dont les travaux sur la génétique de l’hémochromatose, confiés à Marcel Simon, et ceux sur les cultures d’hépatocytes, animés par André et Christiane Guillouzo, lui valent la reconnaissance de la New York Academy of Sciences. 

Grâce aux collaborateurs qu’il a su former, Michel Bourel a fait de Rennes le meilleur centre pour l’étude, le diagnostic, le traitement et la prévention de l’hémochromatose.

Les travaux de Michel Bourel ont été fondés sur l’intuition pionnière que la compréhension des mécanismes sous-jacents à la maladie du foie passe par la modélisation cellulaire et par la synergie des mondes de la recherche fondamentale et de la recherche clinique. Il lèguera à ses élèves, devenus ses successeurs, un remarquable ensemble construit sur les valeurs d’une véritable école. 

Biographie

Michel Bourel est né à Rennes et a mené ses études supérieures à la faculté de médecine de Rennes. 

  • Major du concours de l’internat des hôpitaux de Paris (1946).

  • Docteur en médecine de la faculté de médecine de Paris (1950).
  • Chef de clinique à l’hôpital Saint-Antoine, Paris (1950–1953).
  • Stagiaire de recherche à l’INH (1950–1953).
  • Professeur titulaire de la chaire de thérapeutique (1954), puis de clinique médicale (1958), à la faculté de médecine de Rennes.
  • Créateur et directeur de l’unité Inserm 49 de recherches en hépatologie à l’hôpital Pontchaillou à Rennes (1964–1984). André puis Christiane Guguen-Guillouzo lui succèderont à la direction de l’unité.

Michel Bourel est décédé à Rennes le 21 février 2008. 

Sociétés savantes – Académies 

  • Membre fondateur de l’Association française pour l’étude du foie (1975).
  • Président du Groupe d’études et de recherches sur les hépatocytes isolés et en culture (1980–1987).
  • Membre correspondant (1985) puis membre (1989) de l’Académie nationale de médecine.