Jean-Pierre Kerckaert

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Jean Pierre Kerckaert a consacré l’essentiel de ses travaux de recherche sur le cancer et a découvert et caractérisé de nouveaux gènes associés aux leucémies et aux lymphomes.

Dans les années 1970, il isole et purifie des particules virales immatures intra-cytoplasmiques présentes dans un lymphome de souris chimio-induit, puis réalise la caractérisation physico-chimique et biochimique de particules ribonucléoprotéiques impliquées dans le transport nucléo-cytoplasmique d’ARN messagers. Par la suite, Il isole et caractérise l’alpha-fœtoprotéine, une glycoprotéine marqueur tumoral de certains cancers. Dans ce but, il développe des approches biochimiques de chromatographie et d’électrophorèse, menées en binôme exemplaire avec Bernard Bayard. Son goût pour la technologie et son ingéniosité lui permettent de construire des outils performants, notamment d’électrophorèse, à une époque où les appareils commerciaux n’étaient pas encore développés. 

A partir de 1984, il s’engage dans l’oncologie moléculaire. Après une rapide formation dans le laboratoire de Dominique Stéhelin, il développe à l’institut de recherche sur le cancer de Lille, des recherches extrêmement productives qui vont conduire à la mise en évidence d’anomalies moléculaires de plusieurs proto-oncogènes et à la découverte et à la caractérisation d’un nouvel oncogène, LAZ3/BCL6, impliqué dans certains lymphomes. Il identifiera et caractérisera également plusieurs nouveaux gènes (RhoH/TTF, BOB1/OBF1, L‑Plastine) partenaires de LAZ3 dans différentes translocations. La découverte de LAZ3 a eu un impact médical majeur : elle a modifié la prise en charge des lymphomes et permet aujourd’hui de mieux choisir leur traitement. 

Passionné par les développements technologiques en génomique, il met sur pied, à partir, de 2000 la plate-forme de génomique fonctionnelle du Génopole de Lille, devenue ensuite plateau de génomique fonctionnelle et structurale de l’université de Lille. C’est la nouvelle aventure des puces à ADN et de leurs applications médicales. Il a construit un outil exemplaire, qui permet de mieux caractériser les cancers et d’autres pathologies, d’en améliorer tout à la fois le diagnostic, l’évaluation pronostique et le choix du traitement à utiliser. Il s’affirme comme un extraordinaire passeur de savoir-faire : tous ceux qui font de la biologie moléculaire, de la génomique et de la cytogénétique moléculaire sur le site du CHU de Lille, dans les laboratoires de recherche ou à l’hôpital, se sont formés à ton contact. Il s’est soucié de permettre aux autres de s’approprier les techniques pour être ensuite capables de les développer par eux-mêmes. 

Le Grand prix spécial des sciences de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille lui a été attribué en 2007 pour ses travaux et son rôle pionnier dans le développement de nouvelles approches de biologie moléculaire et de leurs applications médicales. 

Jean-Pierre Kerckaert est décédé à Lille le 6 novembre 2017. 

Biographie

Jean-Pierre Kerckaert est né le 19 janvier 1944 à Lille. Il a mené ses études secondaires à Lille et ses études supérieures à l’université des sciences de Lille. 

  • DEA de biochimie, dont le mémoire s’intitule « Isolement de particules d’aspect viral présentes dans le lymphome médiastinal de la souris Swiss, induit par l’uréthane », université de Lille (1970).
  • Doctorat ès sciences physiques, dont la thèse s’intitule « Etude des particules ribonucléiques du type Informosome, diffusibles de noyaux d’hépatocytes de Rat » (1975).
  • Doctorat d’état ès sciences physiques, dont la thèse s’intitule « Caractérisation physico-chimique et biochimique des particules ribonucléoprotéiques impliquées dans le transport nucléo-cytoplasmique du RNA messager », Lille, 1983. 
  • Attaché de recherche (1973), chargé de recherche de première classe (1977), directeur de recherche de deuxième classe (1990), puis directeur de recherche de première classe (2000) à l’Inserm.
  • Succède à Marie-Henriette Loucheux à la direction de l’unité de recherche Inserm 124 « Onco-hématologie moléculaire », CHRU de Lille (1995–1998).
  • Créateur et directeur de l’unité Inserm 524 « Génétique moléculaire et approches thérapeutiques des hémopathies malignes », CHRU de Lille (1999–2005).
  • Responsable du site de Lille au cancéropôle Nord-Ouest (2003–2007).
  • Créateur et responsable de la plate-forme de génomique fonctionnelle du génopôle de Lille/service commun de l’université de Lille 2 (2001).
  • Responsable de la plate-forme de Biopuces de l’institut de recherches sur le cancer/service commun de génomique fonctionnelle de l’université de Lille 2 (2004–2009).

Instances scientifiques et de gestion de la recherche

  • Membre du conseil scientifique de l’institut fédératif de recherche (IFR) « Biologie et pathologie des régulations cellulaires » (1996–1999).
  • Membre du comité cancer de la Fondation de France (1996–2003), du groupement des entreprises françaises dans la lutte contre le cancer Flandres-Artois, depuis 1999. 
  • Président du conseil scientifique du comité du Pas-de-Calais de la Ligue nationale contre le cancer (1999–2007).
  • Membre du comité de pilotage de l’IFR de médecine prédictive et de recherche thérapeutique depuis 2000, du comité de pilotage scientifique du cancéropôle Nord-Ouest depuis 2004. (2000–2009).
  • Membre de la coordination régionale de la Ligue nationale contre le cancer (2002–2007).
  • Membre du comité de direction du centre de recherches Jean-Pierre Aubert de Lille (2007–2009).
  • Membre représentant l’institut national du cancer au conseil d’administration du centre régional de lutte contre le cancer, centre Oscar Lambret (2008–2009).

Prix – distinctions

  • Grand prix spécial de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille (2007).