Revenir aux résultats

Jean-Marc Egly

Remarque : ces contenus ont été récupérés automatiquement depuis l’ancien site « Histoire de l’Inserm » (http://histoire.inserm.fr) et n’ont pas été modifiés depuis.

Mis à jour le 17 mai 2019 

Les recherches menées par Jean-Marc Egly constituent une avancée capitale dans la compréhension de deux mécanismes cellulaires essentiels, la transcription des gènes codant pour les protéines et la réparation de lésions de l’ADN. Au-delà de leur portée fondamentale, ces travaux ont également permis de mettre en évidence le rôle de ces mécanismes dans la cancérogenèse et de comprendre le mécanisme de maladies génétiques rares très sévères. 

Après des premiers travaux centrés sur la compréhension des mécanismes de régulation de l’expression des gènes qui codent pour les protéines, Jean-Marc Egly et ses collaborateurs décortiquent les mécanismes d’initiation de la transcription (d’ADN en ARN) et mettent en évidence les divers facteurs impliqués dans ce processus. Ainsi, entre 1982 et 1988, ils identifient le facteur TBP (TATA-Box Binding Protein), facteur essentiel dans la reconnaissance du promoteur des gènes transcrits. 

Ils caractérisent également le facteur TFIIH qui, avec ses dix sous-unités, régule diverses étapes de l’initiation de la transcription. TFIIH s’est également avéré jouer un rôle important dans les mécanismes de réparation de l’ADN. Ainsi, diverses mutations au sein de TFIIH conduisent à des maladies génétiques affectant ces mécanismes comme le Xeroderma pigmentosum, le syndrome de Cockayne ou la trichothiodystrophie. 

L’intérêt pour TFIIH s’est accru, depuis que le groupe de Jean-Marc Egly a montré que ce facteur est la cible du virus de la fièvre hémorragique de la vallée du Rift. Ce virus, en produisant une protéine dite NSs, bloque l’activité de TFIIH, expliquant en partie bon nombre de symptômes de ce type de fièvre hémorragique. 

La leçon que l’on peut tirer de cette aventure est qu’en voulant répondre à des questions on ne peut plus fondamentales sur les mécanismes de régulation de l’expression des gènes, Jean-Marc Egly, chemin faisant, la curiosité aidant, a fait de la recherche appliquée et de la recherche clinique. Il a, tout simplement, fait de la recherche. 

Biographie

Jean-Marc Egly est né le 27 décembre 1945 à Aïn Séfra, en Algérie, à l’extrémité des hauts plateaux de l’Atlas saharien. Il a mené ses études secondaires au lycée Jules-Ferry de Saint Dié et ses études supérieures à la faculté des sciences de Strasbourg. 

  • Docteur ès sciences, université Louis-Pasteur de Strasbourg (1970) ; sa thèse de chimie organique porte sur l’action du tribromure de bore sur les phénoxy-1-alcanes linéaires. 
  • Assistant de biochimie à la faculté de médecine de Strasbourg (1970).
  • Diplôme d’étude supérieure (DES) sur les sciences de l’environnement « Pollutions et nuisances » (1972).
  • Seconde thèse, en biochimie, sur les facteurs de traduction et leurs régulations, université Louis-Pasteur de Strasbourg (1976).
  • Stage post-doctoral (1977) au Biomedicum Centrum à Uppsala, Suède, dans le laboratoire de Jerker Porath, où il acquiert une maîtrise technologique de la séparation et de la purification des protéines. 
  • Chargé de recherche (1978), directeur de recherche de 2e classe (1986), de 1re classe (1991), directeur de recherche de classe exceptionnelle (1999) à l’Inserm. 
  • Chercheur dans l’unité Inserm/CNRS 184 “Biologie moléculaire et génie génétique” de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), dirigé par Pierre Chambon, Strasbourg (1978–2002), devenue unité 596 en 2003. 
  • Professeur à l’Ecole supérieure de biotechnologie, Strasbourg (1982–1993).
  • Directeur d’une équipe de recherche au sein de l’unité Inserm 596 qui a conservé le même intitulé, dirigée par Jean-Louis Mandel, puis Dino Moras, IGBMC, Strasbourg, (2003–2010).
  • Directeur d’une équipe de recherche au sein de l’unité 964 “Génétique et biologie moléculaire et cellulaire”, dirigée par Brigitte Kieffer, puis Bertrand Séraphin (2012–2017).
  • Directeur d’un groupe de recherche au sein de l’unité 1258 “Génomique fonctionnelle et cancer”, dirigée par Bertrand Séraphin, IGBMC, Strasbourg, depuis 2018. 

Instances scientifiques et d’administration de la recherche

  • Membre de l’Oklahoma Medical Research Foundation, Etats-Unis (1996–2000). 
  • Membre de l’Organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO), Heidelberg. Allemagne, depuis 1997. 
  • Membre de l’American Society for Biochemistry and Molecular Biology (1997). 
  • Délégué français à la CEE, Bruxelles pour le programme Biologie, médecine et santé (1997–2001).
  • Président du conseil scientifique du centre national de séquençage Génoscope, Evry (1997–2001).
  • Membre du conseil scientifique de l’Anrs (1997–2002), de l’Institut Curie, Paris (1998–2003).
  • Membre du conseil scientifique de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques – OPECST (1998–2015).
  • Membre du conseil scientifique de l’OTAN pour les sciences de la vie et les technologies, Bruxelles (1999–2002),
  • Membre du conseil scientifique de la Fondation pour la recherche médicale (2000–2003).
  • Conseiller auprès du directeur des sciences du vivant au Commissariat à l’énergie atomique – CEA (2003–2007).
  • Président du conseil scientifique du programme Atipe/Avenir Inserm/CNRS (2004–2014). 
  • Président du conseil scientifique de l’Institut de recherche contre le cancer de l’appareil digestif, Strasbourg (2004–2014), de l’Association pour la recherche contre le cancer – ARC (2006–2012).
  • Conseiller auprès du président-directeur général de l’Inserm, André Syrota (2007–2014)
  • Responsable scientifique du programme biologie-santé à l’Agence nationale de la recherche – Anr (2008–2012).
  • Membre du conseil de prospective de l’Anr (2008–2016).
  • Membre du conseil scientifique du Fond canadien d’innovation depuis 2009.
  • Membre du comité d’évaluation de l’European Research Council – ERC (2009–2013). 
  • Membre du conseil scientifique du centre de recherche sur le cancer de Toulouse, depuis 2014, de l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire, Porto, Portugal, et de l’Institut Gustave-Roussy, Villejuif, France, depuis 2016. 
  • Membre du conseil scientifique de l’Institut de recherche sur le développement – IRD (2017–2021).

Société savantes – Académies

  • Membre de l’Académie des sciences – Institut de France (2005).
  • Membre de l’Academia Europaea (2006).
  • Membre du comité éditorial de Biochemica Biophysica Acta (1997–2000), du Journal of Biochemistry (1998–2002), de Molecular Endocrinology (2000–2004).
  • Membre du comité éditorial de l’EMBO Journal depuis 2005. 

Prix – Distinctions

  • Prix Tartois de la Fondation pour la recherche médicale (1996).
  • Prix européen Jeanne Labouresse de l’Institut Curie (1997).
  • Prix Descartes de la Communauté économique européenne (2000).
  • Prix de la Fondation AGF/Athena de l’Académie des sciences – Institut de France (2002).
  • Grand Prix de la recherche médicale de l’Inserm (2004).
  • Chevalier dans l’ordre national du Mérite.
  • Chevalier (2006), officier (2014) de la Légion d’honneur (2014).
  • Prix Duquesne de la Ligue nationale contre le cancer de Paris (2009).
  • Prix Henry et Marie-Jeanne Mitjaville de l’Académie nationale de médecine (2009).
  • European Research Council Advanced Grant Award (2009).
  • Grand Prix de la Fondation pour la recherche médicale (2012).
  • Distinguished Professor at the National Taiwan University (2016).