Jean-Gérard Guillet

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Les champs des recherches de Jean-Gérard Guillet ont couvert le vaste domaine des interactions protéine/protéine ou récepteur/ligand, ceux de l’immunochimie et de l’immunologie fondamentale et appliquée à la vaccination, puis à la cancérologie. 

Au tout début de l’utilisation des anticorps monoclonaux, Jean-Gérard Guillet va en produire de toutes sortes, contre des haptènes (éléments constitutifs des antigènes reconnus comme étranger par un organisme, mais qui pour entraîner une réaction, doivent être associés à une autre substance protéique ou glucidique), des récepteurs, des bactéries. Son objectif : mettre au point des trousses de détection des antigènes et des outils de purification ou de détoxification. Il contribue à une importante découverte : des anticorps monoclonaux dirigés contre des récepteurs possèdent la capacité de stimuler ces derniers. 

En 1985, Jean-Gérard Guillet part en stage post-doctoral aux Etats-Unis, au Massachussets Institute of Technology près de Boston. Dans le laboratoire de Malcom Gefter, il travaille sur les bases structurales et moléculaires de la reconnaissance des antigènes par les lymphocytes T. Il a une brillante intuition, qui lui permet de comprendre le phénomène d’activation des lymphocytes T, ainsi que les bases moléculaires de la discrimination du soi et du non-soi. Cette découverte a eu un impact majeur en immunologie au niveau international. 

De retour en France en 1988, il constitue rapidement sa première équipe de recherche en immunologie, dans le laboratoire d’Arthur-Donny Strosberg à l’Institut Cochin de génétique moléculaire (ICGM), institut fédératif de recherche avant la lettre créé en 1990 par Jean-Paul Lévy, avec lequel il travaille également et auquel il succèdera à la direction de son unité d’immunologie et d’oncologie des maladies rétrovirales. 

Bien que non-médecin, Jean-Gérard Guillet consacre très vite l’essentiel de son activité à mettre au service de la clinique ses connaissances fondamentales en immunologie, avec l’objectif de prévenir ou de traiter les maladies. 

Dès le lancement, en 2000, de la discussion sur l’avenir de l’ICGM et son évolution vers une organisation intégrative, Jean-Gérard Guillet propose de créer un département d’immunologie, ce qui va inspirer la structure en départements de l’Institut Cochin. Premier directeur de ce département qu’il avait organisé, il fait le choix, début 2005, de confier cette responsabilité à ses collaborateurs pour se consacrer à l’animation scientifique de son équipe et à la mise en place de vastes réseaux de coopération dans le domaine de la recherche vaccinale ; il y consacre avec enthousiasme une grande partie de ses efforts. Avec un dynamisme admirable, il s’emploie à fédérer, en France et en Europe, les compétences des chercheurs, des industriels et des cliniciens. Faisant preuve d’un professionnalisme sans faille, il mène de front les études fondamentales nécessaires à la mise au point de nouveaux vaccins (les vaccins lipopeptidiques contre le VIH ou le mélanome), leur amélioration grâce à des tests sur des modèles animaux et les essais cliniques qui en découlent. S’employant à convaincre les autorités compétentes en France et aux États-Unis, il contribue grandement à la mise en place d’une série d’essais cliniques avec des volontaires sains. 

Jean-Gérard Guillet est également le co-fondateur de plusieurs Start up et entreprises dans le domaine de l’immunologie : Immunogenics aux Etats-Unis, Peptide Immune Ligands en France, pour développer des produits visant à prévenir et à traiter les maladies relevant de la pathologie infectieuse ou tumorale ; BDS Biodelivery System, pour développer les produits issus des recherches et utiliser des peptides comme médicaments ; CIL Technologies, Paris Biotech entreprise, co-fondée avec l’université libre de Belgique et Inserm Transfert, pour développer de nouvelles approches en vue du diagnostic de diverses maladies. 

Jean-Gérard Guillet a fait la preuve de ce qui a été la “marque de fabrique” de son activité scientifique tout au long de sa carrière : inventivité et originalité. 

Biographie

Jean-Gérard Guillet est né le 12 décembre 1951 à Montréal (Québec, Canada). De nationalité française, il a mené ses études supérieures à la faculté des sciences de Jussieu, Paris VII. 

  • Diplôme d’études universitaires générales, licence et diplôme d’études approfondies de biochimie à l’université Paris VII (1976–1981).
  • Thèse de 3e cycle en immunologie (1981–1983).
  • Thèse de doctorat d’État (1985) sous la direction d’Arthur-Donny Strosberg, directeur du laboratoire CNRS d’immuno-pharmacologie moléculaire, Institut Jacques Monod. Son sujet de thèse en immunochimie a été : les anticorps monoclonaux : application à l’étude des récepteurs endocriniens. 
  • Post-doctorant au Massachussetts Institute of Technology à Boston, dans le laboratoire de Malcolm Gefter (1985–1987), sur les bases structurales et moléculaires de la reconnaissance des antigènes par les lymphocytes T. 
  • Responsable d’une équipe de recherche en immunologie, dans le laboratoire d’Arthur-Donny Strosberg à l’Institut Cochin de génétique moléculaire – ICGM, hôpital Cochin à Paris (1988–1991). Directeur de recherche Inserm (1991).
  • Directeur de l’unité de recherche Inserm 152 “Immunologie des interactions cellulaires et moléculaires” (1993–1995), succédant à Jean-Paul Lévy, qui deviendra l’unité 445 “Immunologie des pathologies infectieuses et tumorales” à l’hôpital Cochin à Paris (1996–2002).
  • Directeur du département d’immunologie de l’unité 567 (2002–2004). Il a quitté cette direction pour se consacrer à son équipe de recherche sur le thème “Étude des mécanismes de la réponse immunitaire. Application en vaccinologie”, ainsi qu’à d’autres activités au niveau national et international (2004–2007).
  • Coordinateur du réseau vaccinal français anti-VIH et virus de l’hépatite (Anrs).
  • Directeur du groupe de recherche CNRS/Inserm/CEA 2826 (2004–2007).

Jean-Gérard Guillet est décédé à Paris le 7 mai 2007. 

Instances scientifiques et de gestion de la recherche

  • Membre de la commission scientifique spécialisée de l’Inserm “Immunologie, immunopathologie, microbiologie, maladies transmissibles” (1991–1994).
  • Président du comité scientifique des Ateliers de formation Inserm (1994–2007).
  • Président de l’intercommission scientifique spécialisée de Inserm “Thérapie cellulaire, génique, transplantations et vaccinologie, innovation et méthodologie d’évaluation” (1999–2002).
  • Co-coordinateur de l’action thématique coordonnée de l’Inserm “Biothérapie” (2001–2007).
  • Membre du conseil scientifique des instituts fédératifs de recherche de Cochin (2002–2004).
  • Président de la commission Inserm de recrutement d’ingénieurs grandes écoles (2002–2007).
  • Membre du conseil scientifique de Paris-Biotech (2003–2007).
  • Président du comité Inserm “Biothérapies” pour le transfert de la recherche fondamentale vers la clinique (2003–2007).
  • Expert européen dans le cadre du programme cadre de recherche et développement “Vaccinologie” (2003–2007).
  • Membre du comité d’experts au Commissariat au Plan (2004–2007).
  • Président du comité scientifique d’évaluation du centre d’immunologie de Marseille Lumigny (2004).
  • Membre du conseil scientifique de Sidaction-Ensemble contre le sida. 
  • Membre de la commission “Immunologie” de l’Association de la recherche sur le cancer, de la commission 1 de l’Agence nationale de recherche sur le sida (Anrs), de la commission “Immunologie” de l’Institut Pasteur. 

Distinctions – Prix 

  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Chevalier des Palmes académiques.