François Kourilsky

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Au début des années 1960, François Koulisky démarre sa carrière de chercheur en étudiant l’activité biologique des anticorps circulants. Son travail, effectué à New York avec Baruj Benacerraf, lie les fonctions d’hémolyse et d’anaphylaxie à deux classes d’anticorps différentes (gamma‑1 et gamma‑2) du cobaye. 

François Kourilsky s’intéresse par la suite à l’immunologie des tumeurs. De 1966 et 1976, il mène ses travaux en majeure partie dans l’unité de recherche Inserm en immunologie des tumeurs à l’hôpital Saint-Louis à Paris, unité qu’il dirige de 1974 à 1976, date à laquelle, il s’installera à Marseille. Avec Jean-Paul Lévy il, il étudie le mécanisme des réactions immunologiques cytotoxiques anti-tumorales chez la souris, dans le modèle du sarcome induit par le virus de Moloney, Dans les tumeurs humaines, des systèmes antigéniques précis sont recherchés dans la leucémie aiguë et dans des tumeurs rares (Burkitt, mélanome, Kaposi). Dans la leucémie aiguë, la définition par Jean Dausset de l’expression des antigènes HLA, est suivie de tentatives infructueuses de mise en évidence d’un système antigénique précis. Dans la tumeur de Burkitt, en collaboration avec George Klein, biologiste du Karolinska Institute suédois, François Kourilsky et ses collaborateurs parviennent à relier l’antigène de membrane à l’expression du virus d’Eipstein-Barr. Ils contribuent aussi à définir la distribution membranaire de cet antigène tardif lié à la réplication du virus d’Epstein-Barr en culture. L’étude séro-épidémiologique d’une autre tumeur, la tumeur de Kaposi africaine, permet d’établir une association, mais non un rôle étiologique, d’un autre virus du groupe Herpès. Enfin, la recherche de réactions immunologiques à médiation cellulaire, spécifiques du mélanome malin, leur permet d’établir l’une des premières définitions des cellules NK, cellules tueuses non spécifiques. 

François Kourilsky et son équipe se penchent alors sur la structure antigénique des membranes cellulaires. Après avoir, étendu la notion de mobilité des constituants membranaires aux antigènes d’histocompatibilité HLA, en 1971–1972, ils mettent au point, avec Catherine Neauport-Sautes, une technique dite de « redistribution différentielle », permettant d’étudier en immunofluorescence les relations entre structures membranaires à la surface cellulaire. L’application la plus satisfaisante permet de montrer que les produits des différentes régions géniques du complexe H‑2 s’expriment sur des molécules différentes. 

Il s’attèle ensuite à la mise au point de l’analyse d’antigènes de membranes à l’aide d’anticorps monoclonaux. En collaboration avec Michel Pierres, l’analyse d’une série d’anticorps monoclonaux dirigés contre les antigènes I‑A et I‑E du complexe majeur d’histocompatibilité chez la souris, permet de définir de nouveaux antigènes et des réactions croisés avec HLA-DR chez l’homme. L’évaluation de l’avidité des anticorps monoclonaux permettra ensuite d’apprécier un certain polymorphisme au niveau de HLA-DR, par les variations d’avidité de réactions du même anticorps monoclonal envers les cellules de différents individus. 

Au-delà de ses activités de recherche, François Kourilsky a été également un grand bâtisseur. Il fonde et dirige de 1976 à 1985 le centre d’immunologie de Marseille-Luminy Inserm/CNRS (CIML) Dans une logique d’application des recherches réalisées au CIML, crée en 1981, avec Michel Delage et Antoine Béret, la société Immunotech, qui permet d’allier les exigences de la recherche et de l’exploitation industrielle. Cette société est devenue l’un des leaders mondiaux pour la fabrication de réactifs à base d’anticorps monoclonaux. 

François Kourilsky sera le directeur général du CNRS de 1988 à 1994. 

Biographie

François Kourilsky est né le 28 décembre 1934 à Paris. Il a mené ses études secondaires aux lycées Janson-de-Sailly et Carnot à Paris et ses études supérieures aux facultés de médecine et des sciences de Paris. 

  • Interne des hôpitaux de Paris (1960).
  • Chercheur à l’université de New York (1962), puis à l’université de Duke (1973).
  • Docteur en médecine (1966).
  • Chef de clinique-attaché à la faculté de médecine de Paris (1965–1969).
  • Chargé de recherche (1967), maître de recherche (1970), directeur de recherche (1980), directeur de recherche émérite à l’Inserm. 
  • Co-directeur du laboratoire d’immunologie des tumeurs (1967–1974), puis directeur de l’unité de recherche Inserm 136 « Immunologie des tumeurs » à l’hôpital Saint-Louis, Paris (1974–1976)
  • Visiting Scientist à l’université d’Oxford en Grande-Bretagne (1978–1979).
  • Co-fondateur en 1976 du centre d’immunologie de Marseille Luminy (CIML) unité Inserm 136/CNRS sur le campus de Luminy à Marseille. Il dirige le CIML en 1976 et 1977 et de 1980 à 1984.
  • Fondateur d’Immunotech SA, avec Michel Delaage et Antoine Béret en 1981. 
  • Directeur général du CNRS (1988–1994).
  • Directeur de l’Institut fédératif de recherche Inserm-CNRS de l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif (1995–2000).
  • Sous-directeur, chargé de la recherche, puis directeur honoraire de la recherche de l’Institut Gustave-Roussy.
  • Président de Méditerranée technologies (2000 à 2003).

François Kourilsky est décédé à Paris le 31 mai 2014. 

Instances scientifiques

  • Membre du conseil scientifique provisoire de l’Inserm (1968–1969) et du conseil scientifique (1970–1974), président de la commission scientifique spécialisée (CSS) de l’Inserm « biologie et pathologie moléculaire générale, coagulation, immunologie, génétique fondamentale, virologie générale, bactériologie, parasitologie » (1974–1979), membre du collège de direction scientifique de l’Inserm – Codis (1982).
  • Président du conseil scientifique d’Immunotech (1981–1985).
  • Président du conseil de coordination scientifique de l’Institut Curie (1982–1985).
  • Vice-président du conseil supérieur de la recherche et de la technologie (1983–1986).

Sociétés savantes – Académies

  • Secrétaire général de la Société française d’immunologie (, 1975–1976).
  • Member subcomittee of Symposia of theTransplantation Society.
  • Membre de la British Society of Immunology, de l’European Association for Cancer Research, de l’European Molecular Biology Organisation (EMBO).
  • Membre de la Société française d’hématologie.
  • Membre du cercle français de biologie cellulaire, de l’association internationale pour la pensée complexe, vice-président (2000), de l’association modélisation de la complexité, vice-président (2000).
  • Membre de l’Académie de Marseille.

Prix – Distinctions

  • Prix Rosen (lien brisé) de cancérologie (1972), prix Roy-Vaucouloux (lien brisé) de l’Académie des sciences – Institut de France (1975), grand prix de l’Académie de Marseille (1987).
  • Docteur honoris causa de l’université de Buenos-Aires, Argentine.
  • Officier de la Légion d’honneur, officier dans l’Ordre national du mérite.
  • Commandeur (Grosse Verdienste Kreuz) de l’Ordre du mérite d’Allemagne, chevalier de Madara (Bulgarie).