Claude Mawas

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Durant son internat Claude Mawas se consacre à l’hématologie. Il est l’élève de Jean Bernard et de ses collaborateurs Claude Jacquilllat, Jacques Caen et Maryse Weill, à l’hôpital Saint-Louis. Il rejoint ensuite le service d’hématologie de Bernard Dreyfus. 

Parallèlement, il s’oriente vers la recherche, sous la direction de Pierre Burtin dans le laboratoire de Pierre Grabar, à Villejuif. Il travaille sur l’alpha‑1 fœto-protéine dans les tumeurs malignes de l’enfant (hépatomes et tératocarcinomes). Il montre la spécificité de cette protéine dans les tératocarcinomes de l’enfant et son utilité dans le diagnostic et le suivi du traitement de cette affection. 

En 1970, Claude Mawas rejoint le département d’hématologie de Jim Holland et Rose Ruth Ellison au Roswell Park Memorial Institute à Buffalo, dans l’État de New-York, et travaille dans le département de recherche pharmacologique sous la direction d’Enrico Mihich. Ses études sur la mesure simultanée de paramètres cellulaires et humoraux au cours de chimiothérapie expérimentales chez la souris montrent la nécessité d’un dosage de chimiothérapie laissant suffisamment de réactivité immunitaire pour obtenir un effet antitumoral optimal. 

À son retour en France, en 1973, Claude Mawas intègre l’unité de recherche de l’Inserm en Immunogénétique de la transplantation de Jean Dausset. Il travaille sur l’immunogénétique fondamentale chez l’homme et contribue à la définition de la région HLA-D et au typage HLA‑D (en lien avec le complexe majeur d’histocompatibilité de l’homme ou système HLA). 

En 1976, il suit François Kourilsky qui avait fondé avec Michel Fougereau le Centre d’immunologie de Marseille Lumigny (CIML). Là, il décrit un nouveau locus dans la région HLA‑D, actuellement connue sous le nom de région DP, puis réussit le clonage des cellules cytotoxiques CD4 et CD8 humaines. Ce succès lui vaut d’être invité, en 1980, à participer au groupe d’étude des National Institutes of Health aux États-Unis sur l’avenir de l’immunologie, groupe présidé par Baruch Benacerraf et Bill Paul. 

Après l’introduction de la technique des hybridomes, Claude Mawas et ses collaborateurs, dans le but de recherches fonctionnelles, utilisent des anticorps monoclonaux dirigés contre la membrane de cellules T naïves ou activées. Nombre de ces anticorps monoclonaux seront développés par Immunotech, une compagnie de biotechnologie créée par le CIML en 1981. En collaboration avec les cliniciens de Marseille, Nantes et Paris et la société Immunotech, certains de ces anticorps monoclonaux ont fait l’objet de développements thérapeutiques. 

Outre ses activités de recherche, Claude Mawas, dès le début des années 1980, tant au sein des commissions Inserm qu’au titre de directeur d’unité ou de président du comité scientifique consultatif régional Inserm (CSCRI) de la région Provence – Alpes – Côte d’azur, n’a eu de cesse de défendre le concept de laboratoires de transfert vers la clinique et de réussir l’intégration de la recherche fondamentale au sein de l’hôpital public, en créant un continuum entre recherche fondamentale et recherche finalisée. 

Ainsi, en 1985, en même temps qu’il prend la direction de l’unité de recherche Inserm en cancérologie et thérapeutiques expérimentales, il entreprend de mettre en place un institut du cancer au sein du centre anticancéreux Paoli-Calmettes de Marseille. Avec l’aide de Daniel Birnbaum, Danièle Olive, Françoise Birg, Patrice Dubreuil, Jean-Paul Borg et le soutien de cliniciens du centre anticancéreux, tels qu’Yves Carcassonne et Dominique Maraninchi, son projet se réalise, concrétisant son long combat. L’unité mixte de recherche Inserm 599 en cancérologie, intitulée “Institut de cancérologie de Marseille”, voit le jour à l’Institut Paoli-Calmettes, en 2004. 

Biographie

Claude Mawas est né le 25 mars 1940 à Garches (92).

  • Externe des hôpitaux de Paris (1961–1963), médecin coopérant au Maroc 1963–1964).
  • Interne des hôpitaux de Paris (1965–1969), élève de Jean Bernard et de ses collaborateurs à l’hôpital Saint-Louis.
  • Rejoint le service d’hématologie de Bernard Dreyfus à l’hôpital Henri-Mondor, Créteil en 1970.
  • Stagiaire à l’Institut Curie chez Raymond Latarjet « Modèle expérimental de polychimiothérapie des tumeurs mammaires spontanées de la souris C3H » (1966–1967) et à l’Institut de recherches sur le cancer à Villejuif chez le Pierre Burtin (1967–1970).
  • Certificat d’immunologie de l’Institut Pasteur (1968).
  • Docteur en médecine (1969).
  • Research Fellow, Roswell Park Memorial Institute, Buffalo, NY, USA, Departments of Hematology and pharmacology chez Jim F Holland et Enrico Mihich (1970–1973).
  • Attaché de recherche (1973), chargé de recherche, maitre de recherche, directeur de recherche de première classe (1984), directeur de recherche de classe exceptionnelle à l’Inserm (1998).
  • Intègre l’unité de recherche Inserm 93 « Immunogénétique de la transplantation humaine », dirigée par Jean Dausset (1973–1976).
  • Rejoint le Centre d’immunologie Inserm-CNRS de Marseille-Luminy – CIML créé par François Kourilsky et Michel Fougereau où il est responsable de l’équipe d’immunogénétique humaine (1976–1985).
  • Directeur adjoint du CIML (1980–1983).
  • Directeur de l’unité de recherche Inserm 119 « Cancérologie et thérapeutique expérimentales », Institut Paoli-Calmettes, Marseille (1985–2001).
  • Directeur pour les affaires scientifiques de l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille (1994–2006).
  • Directeur de l’Institut fédératif de recherche en cancérologie et d’immunologie de Marseille (1996–2003).

Instances scientifiques et de gestion de la recherche

  • Membre du comité ad hoc des actions thématiques programmées (ATP) de l’Inserm (1978–1981).
  • Membre du Study Group des National Institutes of Health, sous la présidence de Baruj Benacerraf et B Paul) « Future of Immunology » (1980).
  • Membre du comité « Régulation en immunologie et immunopathologie » du ministère de la Recherche et de l’Industrie (1980–1982).
  • Membre du comité scientifique de la Ligue nationale française contre le cancer (1982–1986).
  • Membre de la commission scientifique spécialisée de l’Inserm « Immunologie fondamentale et appliquée » (1983–1987).
  • Membre du comité scientifique national de l’Association pour la recherche sur le cancer – ARC (1987–1992).
  • Vice-président du comité de coordination cancer Inserm (1987).
  • Président du conseil scientifique consultatif de la recherche Inserm/région PACA (1991–1999) et de la commission sciences de la vie et de la santé du conseil supérieur régional de la recherche et de la valorisation (1992–1997).
  • Membre du conseil scientifique de la section biologie de l’Institut Curie (1990–1993), du comité « transplantation » du ministère de la Recherche et de la Technologie (1991–1992), du conseil scientifique de l’Agence nationale de recherche sur le sida (section immunologie) (1991–1996), du conseil scientifique du Centre Léon-Bérard, Lyon (1991–2001), du comité Inserm-industrie pharmaceutique (1991–1996), du conseil scientifique de l’Institut Pasteur (1993–1997), du comité de direction du génopole PACA (1999–2003), du comité d’installation du cancéropole PACA (2002–2003).
  • Membre du conseil scientifique de l’Institut national du cancer (INCa) depuis sa création.
  • Consultant scientifique du laboratoire de J van Rood, à Leiden, Pays-Bas (1979–1985).
  • Consultant de la société Transgène (1981–1982) et de Mérieux (1987–1991).
  • Conseiller pour la création des entreprises Immunotech (1982), Trophos (1998), Ipsogen (2000) et Modul-Bio (2003).

Société savantes

  • Membre de la Société française d’immunologie.
  • Membre de la Transplantation Society, de l’American Association of Clinical Histocompatibility Testing.
  • Membre des comités de lecture d’Immunogenetics (1983–1989), de l’European Journal of Immunology (1988–2002), de Transplant International (1991–2002).

Prix

  • Prix Bernard Halpern (1981).
  • Prix Roy-Vaucouloux de l’Académie des sciences – Institut de France (1986).
  • Prix de Savoie de la Ligue nationale française contre le cancer (1988).