Claude Kordon

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Peu de chercheurs peuvent avoir leur nom associé à une discipline. C’est pourtant le cas de Claude Kordon pour la neuro-endocrinologie, qui a consacré ses recherches à l’étude des interactions entre le cerveau et les hormones. Cette discipline, pendant longtemps cantonnée à l’étude de la neurosécrétion et des relations entre l’hypothalamus et l’hypophyse, a servi de modèle à de nombreuses orientations des neurosciences. Ce sujet fut l’un des premiers abordé par Claude Kordon. 

Au début des années 1960, Claude Kordon concentre ses efforts de recherche sur la reproduction, Il étudie l’influence de lésions hypothalamiques sur la fonction génitale de la rate, du rat et du canard mâle. Ce sujet avait pour objectif initial de localiser dans l’hypothalamus (structure toujours ignorée de la plupart des neurobiologistes) les réseaux neuronaux commandant les sécrétions hormonales de l’hypophyse. Ces travaux vont fonder et lancer sa carrière. La description, à partir de 1962, des neurones aminergiques centraux lui donnent l’idée d’étudier le rôle de ces amines, devenues des neuromédiateurs, sur les régulations neuro-endocriniennes. 

En 1966, Claude Kordon s’illustre en présentant, devant un jury éminent, deux thèses, l’une sur le contrôle hypothalamique des fonctions gonadotropes femelles chez le rat et l’autre sur les amines biogènes et le contrôle des fonctions hypothalamo-hypophysaires, qui apporte une contribution à la cartographie des territoires mono-aminergiques régulant la fonction hypophysaire. 

L’action directe des mono-amines sur le parenchyme hypophysaire restant encore peu claire, il oriente ses recherches sur la glande hypophyse elle-même, supposant que ces amines jouent peut-être d’autres rôles que celui de régler le débit sanguin au niveau du système porte. Il se lance dans l’étude des mono-amines, de leurs inhibiteurs et de leurs libérateurs et démontrera que les mono-amines, exerçant des actions différentes et parfois complémentaires à différents niveaux nerveux, constituent des éléments d’un codage de l’information neuro-endocrinienne. 

Parmi les travaux pour lesquels Claude Kordon et ses collaborateurs ont occupé une place prépondérante, il convient de citer : 

- les études sur les neuropeptides, en particulier hypo-physiotropes, sur lesquels l’industrie pharmaceutique développé de nouveaux médicaments pour le traitement de maladies mentales, neurodégénératives, et dans la régulation des rythmes biologiques ; 

- le rôle des mono-amines et des neuropeptides dans la régulation des fonctions hypophysaires, de la reproduction aux réponses au stress, en passant par la croissance ; 

- la mise en évidence de l’importance des hormones stéroïdiennes dans les fonctions cérébrales, que ce soit dans les phases du développement du cerveau, comme dans le traitement d’affections aussi variées que les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et les accidents cérébraux, certains états dépressifs, et dans les mécanismes de stress ; 

- l’étroite interaction entre système nerveux et système immunitaire, et l’importance des cytokines et des chémokines comme messagers de l’inflammation, mais également du maintien de l’homéostasie.

Biographie

Claude Kordon est né à Genève, en 1934. Il a mené ses études secondaires à Genève et ses études supérieures à Genève, puis à la faculté des sciences de Paris. 

  • Docteur ès sciences de l’université de Paris (1966).
  • Chargé de recherche, directeur de recherche et directeur de recherche émérite au CNRS. 
  • Directeur de l’unité de recherche Inserm 159 de neuroendocrinologie (1975–1992), puis de dynamique des systèmes neuroendocriniens à l’hôpital Sainte-Anne, Paris (1993–1998).
  • Co-directeur du département des sciences de la vie et de la santé au ministère de la Recherche et de la Technologie (1981–1982).
  • Claude Kordon a géré, notamment pour l’Inserm, des programmes de recherche internationaux, principalement avec les universités de Californie, Mexique et Inde. 

Claude Kordon est décédé à Paris le 2 juin 2008. 

Instances scientifiques et de gestion de la recherche

  • Membre (1974), puis président (1976–1980) de la commission de biologie des interactions cellulaires du CNRS. 
  • Membre de la commission scientifique spécialisée de l’Inserm “Reproduction et développement, glandes endocrines, tissus calciques et articulations : physiologie, physiopathologie, pharmacologie, toxicologie, chirurgie, épidémiologie” (1974–1979).
  • Membre du conseil scientifique du CNRS (1980–1985).
  • Co-directeur du département des sciences de la vie et de la santé au ministère de la Recherche (1981 ‑1982).
  • Membre du conseil scientifique de l’Inserm (1987–1990).
  • Membre du Collège de direction scientifique – CODIS de l’Inserm (1991–1996).
  • Membre de plusieurs comités d’évaluation internationaux (Fondation européenne pour la science, ministère allemand de la Recherche et de la Technologie, Société Max Planck, Fondation canadienne pour l’innovation…)
  • Membre fondateur et premier président d’Euroscience (1997–2001), une association européenne qui se préoccupe de l’avenir des sciences en Europe et contribue à faire évoluer les relations entre science et société.
  • Membre du comité de rédaction des règles déontologiques de la communauté allemande de recherche – Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG).
  • Membre du comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour les sciences de la vie et de la santé (2002–2008).

Sociétés savantes

  • Co-fondateur, membre et président de la Société de neuro-endocrinologie expérimentale (1970).
  • Secrétaire (1971), puis président de la Société de neuro-endocrinologie. 
  • Rédacteur en chef du journal Neuroendocrinology (1993–2006).