André Boué

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Les travaux d’André Boué et de ses collaborateurs ont concerné les domaines de la virologie, des cultures cellulaires et de la biologie prénatale. 

Pendant sa carrière, André Boué se consacre aux infections virales humaines et met au point ouperfectionne des techniques de diagnostics virologique et sérologique : isolement du virus de la variole humaine, identification des poliovirus sauvages et vaccinaux, diagnostic sérologique de l’infection primaire et des réinfections par le virus de la rubéole et par le cytomégalovirus. André Boué établit également les bases épidémiologiques de l’application de vaccinations antivirales (poliomyélite, rougeole, rubéole). Il s’intéresse au contrôle génétique de l’infection virale de la cellule et se consacre également à l’étude des infections virales tératogènes (responsables de malformation fœtales), à l’étude expérimentale de l’action du virus de la rubéole sur la division cellulaire, à l’épidémiologie de la rubéole, de la grippe et du cytomégalovirus. 

Dans le domaine des cultures cellulaires, André Boué et ses collaborateurs mettent au point différentes techniques de cultures cellulaires embryonnaires humaines. Ils développent des méthodes de mesure de la croissance cellulaire et d’obtention de populations cellulaires clonées. 

Mais c’est également dans le champ de la biologie prénatale qu’André Boué et son épouse, Joëlle Boué, vont s’illustrer, notamment par l’étude des accidents chromosomiques responsables des échecs de la reproduction. Tous deux sont à l’origine d’une des études mondiales les plus importantes réalisées sur le sujet. Ils confirment d’abord les données des démographes selon lesquelles une conception sur trois parvient à son terme. En utilisant la culture cellulaire et l’analyse chromosomique de cellules embryonnaires et fœtales, ils montrent, ensuite, que deux tiers des conceptions qui n’arrivent pas à terme sont en rapport avec une anomalie chromosomique. Il étudie de très nombreuses familles atteintes du syndrome de l’X fragile, permettant ainsi à Jean-Louis Mandel et ses collaborateurs, à Strasbourg, d’en découvrir le mécanisme génétique. 

André Boué est l’homme qui a introduit la pratique du diagnostic prénatal en France au tout début des années 1970. 

Biographie

André Boué est né le 19 janvier 1925 à Cherbourg. Il a mené ses études secondaires au lycée Victor-Grignard de Cherbourg et ses études supérieures à la faculté de médecine de Paris. 

  • Externe des hôpitaux de Paris (1945).
  • Docteur en médecine (1950).
  • Crée un service de réanimation à Téhéran (1950–1958). Il travaille également à l’Institut Pasteur de Téhéran en tant que chef de laboratoire (1950–1953) et chef de service (1954–1958).
  • Responsable d’une partie du laboratoire du château de Longchamp au Centre international de l’enfance, Boulogne (1958–1963).
  • Attaché de recherche (1960), chargé de recherche (1962), maître de recherche (1966–1970) au CNRS.
  • Visiting Scientist au Wistar Institute à Philadelphie (1963–1964) où il travaille dans le laboratoire qui avait lancé le premier système de cultures de cellules humaines destinées à fabriquer des vaccins.
  • Certificat de statistique épidémiologique (1966).
  • Maître de conférence agrégé, faculté de médecine Paris Ouest, université René-Descartes – Paris V (1970).
  • Chef de service de microbiologie, hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt (1970–1990).
  • Professeur des universités (1980–1993), professeur émérite de microbiologie.
  • Directeur de l’unité de recherche Inserm 73 “Biologie prénatale” (1974–1985), devenue “Génétique et pathologies fœtales”, Centre international de l’enfance, Château de Longchamp, Bois de Boulogne (1986–1993).

André Boué est décédé à Paris le 27 février 2012. 

Instances scientifiques et d’administration de la recherche

  • Président du conseil scientifique de l’UER Paris-Ouest (1970–1973).
  • Membre du comité de l’action complémentaire coordonnée “Biologie de la reproduction et du développement” (1971–1980), puis président de l’action concertée “Programme et erreurs du développement embryonnaire” (1980–1982) à la DGRST (Délégation générale pour la recherche scientifique et technique).
  • Membre de la commission scientifique spécialisée de l’Inserm “Reproduction et développement, glandes endocrines, tissus calciques et articulations : physiologie, physiopathologie, pharmacologie, toxicologie, chirurgie, épidémiologie” (1974–1979). Membre de la commission “Physiologie” du CNRS (1980).
  • Membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour les sciences de la vie et de la santé (1983–2000).

Prix – Distinctions

  • Médaille d’argent du CNRS, conjointement avec Joëlle Boué, son épouse (1968).
  • Prix de la recherche de la Fondation AGF – Institut de France avec Joëlle Boué (1984).
  • Prix de la recherche et de la santé de l’Institut des sciences de la santé (1988).
  • Officier de la légion d’honneur (1992).