Reportage réalisé à l'Institut de la vision, à Paris. Découvrez les coulisses des expériences menées dans la Rue artificielle et le Homelab.

À deux pas de l’entrée historique de l’hôpital des Quinze-Vingts, dans une petite rue du 12e arrondissement de Paris, l’Institut de la vision* apparaît soudainement, offrant au regard du visiteur ses façades vitrées et son architecture moderne. Dans ce centre de recherche dédié aux maladies de la vision, une quinzaine d’équipes œuvrent à la compréhension de ces affections : dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), glaucome, rétinopathies pigmentaires et diabétiques… et au moyen de les traiter.

  • Participant prêt à commencer son parcours, qui suit une sorte de triangle, parsemé d'embuches : un mannequin, une table, une boîte noire difficilement décelable sur un sol sombre
    Dans la Rue artificielle, Anthony Cherbonnier, étudiant en ergonomie, a accepté de jouer le rôle d’un participant à l’étude RP-Lux : Chloé Pagot, ergonome et cheffe de projet Streetlab l’aide à s’équiper en fixant sur sa tunique des marqueurs réfléchissant l’infrarouge. L’étude vise à étudier le comportement et les stratégies de locomotion de patients atteints de rétinopathie pigmentaire, ce qui altère leur vision périphérique. Surtout, ils se révèlent sensibles aux transitions lumineuses : après un éclairage normal (235 lux), s’ils sont plongés soudainement dans la pénombre (1 ou 2 lux), ils voient encore moins bien et les difficultés sont d’autant plus importantes.
    L’expérience consiste à les faire se déplacer dans la Rue artificielle, encombrée volontairement d’obstacles fixes et mobiles. Le parcours s’effectue dans la pénombre, après habituation, mais également en transition lumineuse.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Participant à l'étude RP-Lux
    Dans la Rue artificielle, Anthony Cherbonnier, étudiant en ergonomie, a accepté de jouer le rôle d’un participant à l’étude RP-Lux : Chloé Pagot, ergonome et cheffe de projet Streetlab l’aide à s’équiper en fixant sur sa tunique des marqueurs réfléchissant l’infrarouge. L’étude vise à étudier le comportement et les stratégies de locomotion de patients atteints de rétinopathie pigmentaire, ce qui altère leur vision périphérique. Surtout, ils se révèlent sensibles aux transitions lumineuses : après un éclairage normal (235 lux), s’ils sont plongés soudainement dans la pénombre (1 ou 2 lux), ils voient encore moins bien et les difficultés sont d’autant plus importantes.
    L’expérience consiste à les faire se déplacer dans la Rue artificielle, encombrée volontairement d’obstacles fixes et mobiles. Le parcours s’effectue dans la pénombre, après habituation, mais également en transition lumineuse.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Pose de capteurs sur une tunique
    Dans la Rue artificielle, Anthony Cherbonnier, étudiant en ergonomie, a accepté de jouer le rôle d’un participant à l’étude RP-Lux : Chloé Pagot, ergonome et cheffe de projet Streetlab l’aide à s’équiper en fixant sur sa tunique des marqueurs réfléchissant l’infrarouge. L’étude vise à étudier le comportement et les stratégies de locomotion de patients atteints de rétinopathie pigmentaire, ce qui altère leur vision périphérique. Surtout, ils se révèlent sensibles aux transitions lumineuses : après un éclairage normal (235 lux), s’ils sont plongés soudainement dans la pénombre (1 ou 2 lux), ils voient encore moins bien et les difficultés sont d’autant plus importantes.
    L’expérience consiste à les faire se déplacer dans la Rue artificielle, encombrée volontairement d’obstacles fixes et mobiles. Le parcours s’effectue dans la pénombre, après habituation, mais également en transition lumineuse.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Anthony est prêt à commencer son parcours, qui suit une sorte de triangle, parsemé d’embûches : un mannequin, une table, une boîte noire difficilement décelable sur le sol sombre…
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Régie vidéo permettant de vérifier les prises de vues
    À la régie, située à l’étage supérieur, les écrans permettent de vérifier les prises de vues et surtout de contrôler l’environnement sonore et lumineux. Selon les expériences, la Rue peut être entièrement modulée (décors, ambiances sonores, lumières, etc.) pour créer des univers différents, contrôlables et reproductibles, qui permettent des études standardisées.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Logiciel de reconstitution en 3 dimensions
    Un réseau de 10 caméras infrarouges (IR) permet de filmer uniquement les marqueurs qui apparaissent à l’écran de contrôle. Après traitement par le logiciel Vicon Nexus, les segments du corps sont reconstitués en 3 dimensions, ce qui permettra de comprendre de façon très précise le comportement locomoteur du patient.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Sur l'écran des capteurs indiquent les segments du corps qui sont reconstitués en 3 dimensions
    Un réseau de 10 caméras infrarouges (IR) permet de filmer uniquement les marqueurs qui apparaissent à l’écran de contrôle. Après traitement par le logiciel Vicon Nexus, les segments du corps sont reconstitués en 3 dimensions, ce qui permettra de comprendre de façon très précise le comportement locomoteur du patient.
    © Inserm/Patrick Delapierre
  • Le HomeLab, appartement laboratoire qui permet de tester, en conditions réelles, les technologies destinées à l'habitat, pour faciliter l'autonomie des personnes en situation de handicap visuel.
    Le Homelab, un appartement laboratoire, permet de tester, en conditions réelles, les technologies destinées à l’habitat, inventées pour faciliter l’autonomie des personnes en situation de handicap visuel : il ressemble à un appartement tout à fait classique.
    C’est dans ce lieu qu’Ariel Zenouda (à droite) ingénieur en biomécanique, procède à l’expérience HandiGlaucome permettant d’évaluer les difficultés rencontrées par les patients souffrant de glaucome lors de tâches de coordination visuo-manuelle. Le test consiste pour le participant (joué ici par Peggy Chambaz, responsable Communication de l’Institut) à repérer, saisir puis déplacer l’un des neufs objets placés devant lui. Au préalable, leur place a été modifiée alors que la scène était masquée par un cache (tenu ici par Johan Le Brun, responsable des plateformes de Streetlab). Pour améliorer la ressemblance avec la réalité, les objets sont volontairement ceux du quotidien : cure-dents, salière, éponge, tasse…
    En fonction de l’avancement de la maladie, due à une augmentation de la pression oculaire qui lèse le nerf optique, les chercheurs souhaitent vérifier si les patients développent une stratégie plutôt qu’une autre pour compenser leur champ visuel altéré de façon éparse.
    © Inserm/Patrick Delapierre

Dans leur boîte à outils, des techniques innovantes telles que rétine artificielle, optogénétique, thérapies cellulaires et génétiques, imagerie rétinienne, criblage à haut débit… Et surtout, les plateformes technologiques de la société Streetlab, en plein cœur de l’édifice. À quoi servent-elles ? À contribuer à la recherche appliquée de l’Institut de la vision, à concevoir des solutions innovantes et à évaluer les produits et services destinés à améliorer l’autonomie des personnes déficientes visuelles.

*unité 968 Inserm/CNRS/Université Pierre-et-Marie-Curie

Reportage à retrouver dans le magazine Science&Santé n°32