Pour s’éviter un bide – C’est quoi le syndrome métabolique ?

Au-delà de considérations esthétiques toujours discutables, prendre du ventre peut devenir un vrai problème : un tour de taille trop élevé, surtout lorsqu’il s’accompagne d’anomalies des taux de sucre et de lipides dans le sang ou d’une hypertension artérielle, augmente le risque de développer diverses maladies que l’on ne souhaite à personne.

Le syndrome métabolique — on parle aussi parfois du « syndrome de la bedaine » — correspond à l’association de plusieurs troubles liés à la présence d’un excès de graisse à l’intérieur du ventre. Les personnes concernées présentent un tour de taille important (supérieur à 94 cm pour les hommes et à 80 cm pour les femmes) et au moins deux autres anomalies parmi les suivantes : une hyperglycémie (excès de sucre dans le sang), un taux de triglycérides élevé, un faible taux de « bon » cholestérol HDL, une tension artérielle trop haute. La survenue du syndrome étant favorisée par le manque d’activité physique, la sédentarité et une mauvaise alimentation, autant dire que le nombre de cas est en constante augmentation. En France, près d’une personne sur cinq serait touchée. Et aux États-Unis, le syndrome affecterait plus de 40 % des plus de 50 ans !

Et bien qu’il reste longtemps asymptomatique, ce syndrome doit être pris très sérieux. Avec le temps, il augmente considérablement le risque de développer des problèmes de santé parfois très graves : maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC), diabète de type 2, maladies du foie (stéatohépatite non alcoolique, cirrhose) ou des reins, apnée du sommeil ou encore troubles gynécologiques (syndrome des ovaires polykystiques). Pour éviter ces complications, pas de secret, il faut perdre du ventre ! Au programme : une activité physique régulière et une alimentation équilibrée, parfois complétées par des traitements médicamenteux, notamment pour réguler la tension, l’hyperglycémie ou la teneur du sang en lipides.

Afin d’améliorer la prévention de ce syndrome et de ses complications, de nombreuses équipes de recherche s’attellent à mieux en comprendre les mécanismes. Si ces derniers sont complexes et pas encore entièrement élucidés, l’excès de graisse abdominale semble jouer un rôle essentiel, voire plusieurs ! Car le tissu adipeux est loin d’être une masse grasse inerte : il participe à la régulation du métabolisme et impacte notre santé en secrétant différentes substances qui lui permettent de communiquer avec nos autres organes : foie, muscles, cœur, vaisseaux... Dans le syndrome métabolique, sous l’influence de facteurs génétiques et environnementaux, ce fonctionnement serait altéré, entraînant des anomalies dans l’utilisation et le stockage du sucre et des lipides, ainsi que des phénomènes inflammatoires délétères pour notre organisme. En progressant dans la compréhension de ces dysfonctions, il pourrait devenir possible de rétablir un dialogue normal entre le tissu adipeux et le reste du corps.

Pour en savoir plus sur les recherches en cours au sujet du syndrome métabolique et des troubles liés aux dysfonctions du tissu adipeux, consulter nos dernières actualités sur le sujet :

À consulter aussi, notre dossier sur l’obésité, une maladie associée aux complications semblables à celles du syndrome métabolique

À lire aussi 

Inserm_Cestquoi_MaladieSoda_IAU.png
[2015-03-27] INFRv4_gras, muscle_IAU.jpg