À méditer – C’est quoi un état de conscience modifié ? 🧘

Une petite « absence », une rêverie intense ou encore une hallucination : presque tout le monde a déjà vécu un état de conscience modifié. De manière spontanée ou provoquée, l’activité de notre cerveau peut en effet nous placer dans un état mental différent de l’éveil ordinaire. Et si certains de ces états sont pathologiques, d’autres ont des effets positifs, voire thérapeutiques !

Pas facile de définir la notion de « conscience ». Toutefois, les neuroscientifiques s’accordent à en distinguer trois aspects essentiels : l’éveil (par opposition au sommeil au cours duquel on « perd conscience »), la perception réaliste de son environnement, et celle de soi-même. En temps normal, dès lors qu’on est complètement sorti du sommeil, ces trois composantes sont actives et associées : nous sommes « normalement » conscients ! Mais si l’une ou l’autre est diminuée, éteinte ou dissociée, on bascule dans un état de conscience modifié.

Parfois, l’altération de la conscience de soi et du monde environnant s’avère préjudiciable et pathologique, comme dans la schizophrénie. Mais certains états de conscience modifiés peuvent au contraire soulager des symptômes ou des maladies. Pour les induire, de nombreuses techniques sont connues et utilisées depuis la nuit des temps : hypnose, méditation, transe chamanique ou encore substances psychédéliques… La nouveauté est que l’on commence à comprendre comment ça marche.

Il a par exemple été montré que l’hypnose, un état qui nous place à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil, est associée à une diminution de l’activité des régions du cerveau impliquées dans la perception subjective de la douleur : un effet sur lequel s’appuie l’hypnosédation pour augmenter le confort de patients lors d’interventions chirurgicales ou endoscopiques. Chez les personnes qui méditent, des chercheurs ont observé une modulation de l’activité cérébrale qui rend la douleur moins dérangeante, même si son intensité ne diminue pas. Quant aux personnes entrées en transe après l’écoute d’une boucle de son, il apparaît que leur activité cérébrale dominante passe de l’hémisphère gauche (associé à la logique et à l’analyse) à l’hémisphère droit (associé à l’imagination, l’intuition et le rêve). Enfin, les psychédéliques semblent agir sur les récepteurs à la sérotonine pour moduler l’activité et la connectivité du cerveau.

Autre nouveauté, ces pratiques anciennes sont désormais l’objet d’études qui permettent de définir scientifiquement leurs intérêts thérapeutiques respectifs. Ainsi, il est aujourd’hui clairement démontré que l’hypnose soulage certaines douleurs, toute comme la méditation pleine conscience. Cette dernière apporte également un bénéfice aux personnes qui souffrent d’anxiété ou de symptômes dépressifs. Concernant la transe et les psychédéliques, les données disponibles sont moins solides, mais les recherches sont actives !

🔎 Pour en savoir plus et découvrir ce que l’on sait aussi au sujet de pratiques plus récentes, comme l’EMDR ou la stimulation cérébrale profonde, consultez le Grand angle du dernier numéro du magazine de l’Inserm.

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