La restriction calorique, alliée de la chimiothérapie en cas de cancer

10 septembre 2013

Réduire ses apports alimentaires en cas de cancer modifierait l’expression de gènes impliqués dans le développement de la maladie et pourrait ainsi accroitre l’efficacité de certains traitements anti-tumoraux. C’est ce que montre une équipe de l’Inserm chez des souris atteintes de lymphomes.

Informations complémentaires

Pour en savoir plus sur les liens entre nutrition et cancer, consultez notre dossier d’information

Un régime pauvre en sucre et en graisse diminue le risque de cancer alors que l’obésité l’accroit. Ce lien entre corpulence, régime alimentaire et cancer est maintenant bien établi. Mais la restriction calorique pourrait-elle également avoir une incidence sur la sensibilité à un traitement anti-cancéreux ? C’est ce qu’une équipe de l’Inserm a voulu savoir en soumettant des souris atteintes de lymphomes à un régime hypocalorique pendant une vingtaine de jours.

L’expression d’un oncogène modifiée

Les rations alimentaires quotidiennes des animaux ont été amputées de 25 % de leurs apports énergétiques totaux. Les chercheurs ont ensuite observé l’expression de gènes de la famille Bcl-2, des oncogènes impliqués dans la survenue de nombreux cancers, notamment dans celle des lymphomes. Ils ont constaté que la restriction calorique réduisait de près de 40 % l’expression de l’un de ces oncogènes, Mcl-1, dans les cellules tumorales. Ils ont alors administré un traitement anticancéreux peu efficace en cas de surexpression de Mcl-1 (la molécule ABT 737). Les résultats sont sans appel : grâce à la baisse partielle d’expression de Mcl-1 chez les souris en restriction calorique, le médicament est devenu plus efficace. L’espérance de vie médiane est passée de 30 jours dans le groupe de souris témoins, sans régime particulier, à 41 jours.

Trouver le bon moment pour la restriction calorique

"Ces résultats indiquent que la restriction calorique module l’expression d’un oncogène et que cela permet d’accroitre l’efficacité d’un médicament qui n’est pas actif contre cet oncogène. Dans cette expérience, nous avons testé une molécule thérapeutique bien précise. Mais ces résultats pourraient concerner d’autres thérapies anticancéreuses, explique Jean-Ehrland Ricci*, coauteur des travaux. Cependant, la restriction calorique n’est pas recommandée chez les patients cancéreux. Elle affaiblit les patients et a d’autres répercussions. Il faut donc que nous établissions une fenêtre thérapeutique pour cette restriction. Pour cela, nous allons tester si un régime hypocalorique limité à quelques jours avant une chimiothérapie permet d’obtenir les mêmes résultats. Par ailleurs, dans cette expérience, nous avons réduit d’un quart l’ensemble des prises alimentaires des animaux. Peut être que diminuer seulement les apports en sucres ou en graisses serait suffisant. C’est ce qu’il nous devons également vérifier", conclut-il.

Note
* unité Inserm 1065, Centre méditerranéen de médecine moléculaire (C3M), Nice

Source
O. Meynet et coll. Caloric restriction modulates Mcl-1 expression and sensitizes lymphomas to BH3 mimetic in mice. Blood, édition en ligne du 21 août 2013

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