L’étiquetage nutritionnel simplifié, un atout pour la santé

21 octobre 2015

Le score nutritionnel qui pourrait servir de base à l’étiquetage nutritionnel simplifié des aliments en France (score FSA-NPS) est prédictif du risque de cancer dans les années qui viennent : plus ce score s’élève, plus le risque de cancer augmente.

Le système de pastilles de couleur proposé pour indiquer la qualité nutritionnelle des aliments pourraient bien donner une indication sur le risque de développer un cancer dans les années qui suivent ! Appliqué au niveau individuel, le score nutritionnel FSA-NPS (pour Food Standard Agency Nutrient Profiling System) qui sert de base à cet étiquetage est en effet corrélé à ce risque.

Les chercheurs qui viennent de le montrer, ont pour ce faire analysé la consommation alimentaire de plus de 6 400 sujets inclus dans l’étude SU.VI.MAX. Recrutées en 1994-1995, ces personnes ont été suivies pendant 13 ans. Tous les deux mois, elles étaient invitées à répondre à une enquête alimentaire afin de connaître leur alimentation exacte sur vingt-quatre heures. Les auteurs ont calculé le score FSA-NPS de chaque aliment déclaré, prenant en compte sa teneur en calories, en sucres simples, en acides gras saturés et en sodium, ainsi que sa teneur en fibres, en protéines et son pourcentage de fruits et légumes. Dans un second temps, les chercheurs ont calculé le score de qualité nutritionnelle de l’alimentation de chaque participant (FSA-NPS DI) en prenant en compte le score de chaque aliment consommé.

"Simple à calculer, ce score prend en compte les éléments nutritionnels pertinents du point de vue de la santé publique et présents sur l’étiquetage nutritionnel. Il sert de base au système à 5 couleurs baptisé 5-C (vert, jaune, orange, rose fuschia, rouge) proposé par les scientifiques et considéré par le Haut conseil de la santé publique comme la signalétique nutritionnelle la plus pertinente pour orienter les choix alimentaires des consommateurs dans son avis du 24 août 2015", clarifie le Dr Mathilde Touvier*, qui a piloté ce travail.

Un risque de cancer linéaire

Les auteurs ont réparti les individus en cinq catégories selon leur score FSA-NPS DI : le premier quintile comprend les 20% ayant les scores les plus faibles et donc une alimentation de meilleure qualité nutritionnelle. Le dernier quintile correspond quant à lui aux 20% dont les scores étaient les plus élevés, reflétant une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle.  Les chercheurs ont ensuite analysé les cas de cancers survenus dans chacun des cinq groupes pendant les 13 ans de surveillance. C’est alors qu’ils ont constaté une augmentation de 34% du risque de cancer dans le dernier quintile (ceux qui ont une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle), par rapport au premier (ceux qui mangent mieux). Cette relation semblait en outre linéaire, avec un risque de cancer qui augmente au fur et à mesure que la qualité de l’alimentation se détériore.

A noter cependant que si le risque global de cancer augmentait, les associations n’étaient pas significatives pour les cancers du sein et de la prostate. "Les effectifs de cancers du sein et de la prostate étaient limités, ce qui nous a peut-être empêché de détecter une association pour ces localisations spécifiques. Cependant, les précédentes études n’ont pas montré de lien clair entre le cancer du sein et plusieurs des facteurs nutritionnels pris en compte dans le score FSA-NPS, comme la consommation de fruits et légumes, explique Mathilde Touvier. Le lien avec les cancers digestifs et notamment le cancer colorectal, pourrait à l’inverse, être plus fort. Nous sommes en train de confirmer ce point en analysant des cohortes d’effectifs plus importants, notamment la cohorte Nutrinet-Santé, au sein de laquelle plus de 2 000 cancers ont été déclarés. Nous avons également entamé des démarches pour reproduire ces analyses dans d’autres cohortes européennes".

Également un risque de surpoids, d’obésité et de syndrome métabolique

Avant ces travaux, une étude similaire également menée à partir des données de la cohorte SU.VI.MAX avait montré que des scores FSA-NPS DI défavorables, à savoir une alimentation déséquilibrée, était associée à un risque accru de surpoids dans les treize années qui suivaient, à un doublement du risque d’obésité chez les hommes, ainsi qu’à un risque plus important de développer un syndrome métabolique.

Ces études encouragent à consommer des aliments mieux placés dans la signalétique à 5 couleurs (donc avec un meilleur score FSA), justifiant son apposition sur les emballages des aliments.

Note

*unité 1153 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13, Centre de recherche en épidémiologie et statistiques, équipe EREN, Bobigny

Source

M. Donnenfeld et coll. Br J Nutr, édition en ligne du 23 septembre 2015

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