Atip-Avenir : 10 ans de tremplin pour les jeunes chercheurs

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Chaque année depuis 2009, l’Inserm lance en partenariat avec le CNRS un appel d’offres à destination des jeunes chercheurs afin qu’ils puissent mettre en place et animer une équipe dans  un laboratoire sous  l’une ou l’autre tutelle. Le programme Atip-Avenir est ainsi un véritable tremplin pour leur carrière.

Le point avec Christian Boitard, responsable scientifique du programme et directeur de l’institut thématique Physiopathologie, métabolisme, nutrition de l’Inserm.

Un article à retrouver dans le magazine de l'Inserm n°44

Dix ans après sa création, quel bilan tirez-vous du programme Atip-Avenir ?

Christian  Boitard : Chaque année, 150 jeunes chercheurs, dont 30 à 40% de femmes, envoient leur candidature. Vingt sont retenues. Réservé aux titulaires d’une thèse obtenue entre 2 et 10 ans plus tôt, le programme impose la mobilité : le projet doit être développé dans un laboratoire autre que celui de la thèse ou du post-doctorat. C’est un des rares dispositifs qui finance en France des recherches exploratoires, un véritable tremplin pour un recrutement sur un poste de chercheur et pour l’obtention de financements prestigieux. Ce programme  commun à l’Inserm et à l’Institut des sciences biologiques du CNRS a la particularité de procéder d’une évaluation par un jury extérieur, largement composé de scientifiques étrangers et dont les panels sont calqués sur ceux du programme du Conseil européen de la recherche (ERC), créé en 2007. Il élargit ainsi les champs de recrutement par rapport à ceux que réalisent en général les commissions spécialisées. C’est enfin un programme ouvert : 30 à 50% des candidats recrutés sont étrangers.

Quels sont les bénéfices pour les chercheurs ?

C. B. : Outre les moyens pour démarrer leur recherche, ils bénéficient d’un suivi grâce au travail de Christiane Durieux, chargée de mission en charge de la coordination du programme Atip-Avenir, depuis le panel d’évaluation jusqu’à la mise en place des contrats et de leur équipe. Un seul chiffre suffit à en situer le niveau : plus de la moitié des chercheurs Inserm qui obtiennent une bourse ERC Starting ou Consolidator Grant sont issus du programme.

Et comment voyez-vous l’avenir ?

C. B.  : Le programme Atip-Avenir est aujourd’hui dans sa 10e année. Il devra évoluer s’il doit perdurer, car la recherche a changé au cours de cette période. Les coûts n’ont plus rien de comparable avec ce qu’ils étaient il y a 10 ans, tout comme le temps de la recherche. Le programme doit ainsi adapter son financement, peut-être à la faveur de partenariats, et la durée qu’il confère aux projets de recherche retenus.