Si le rôle potentiel de certaines protéines dans le traitement d’affections telles que les maladies neurodégénératives ou le cancer est de plus en plus proposé, l’usage thérapeutique de celles-ci se heurte encore souvent à un obstacle important : leur acheminement au cœur des cellules.
Le projet Nano4Drugs, financé par l’Union européenne à hauteur de 2,45 M€, coordonné par Inserm Transfert et impliquant huit équipes de recherche académiques (5 françaises, 1 italienne et 2 allemandes), et deux entreprises (en France et en Italie), a pour objectif de mettre au point un système de délivrance de ces protéines médicaments qui utilise des nanoparticules de diamant. D’un diamètre de l’ordre du millionième de millimètre, ces particules constituent en effet de bons candidats pour le transport de molécules thérapeutiques, notamment parce qu’elles franchissent facilement la membrane des cellules et qu’elles peuvent être photoluminescentes, et donc pistées au sein de l’organisme.
Pour Patrick Curmi (Laboratoire Structure et reconnaissance des biomolécules, Génopôle d’Évry), coordinateur scientifique du projet, la composante "biologie" du projet revêt un intérêt tout particulier : son équipe a effectivement montré que des peptides étaient capables d’inhiber la formation des microtubules, indispensables à la division des cellules et la mise en place des neurones. Dotés d’un potentiel tout à fait prometteur pour le traitement des cancers ou de certaines maladies neurodégénératives impliquant le réseau de microtubules (Alzheimer, paraplégie spastique…), ces peptides couplés à des nanoparticules de diamant devraient être testés dans le cadre du projet.
Haut de page