Alors que pour un grand nombre de personnes, ces jeux constituent une activité récréative, leur pratique peut être préjudiciable pour certains, avec des conséquences négatives au plan individuel, familial et socioprofessionnel.
Le jeu peut ainsi atteindre la dimension d’une conduite addictive : on parle alors de jeu problématique ou pathologique.
D’après l’Insee, en 2006, près de 30 millions de Français ont tenté leur chance au moins une fois par an à un jeu d’argent. Depuis 1975, le montant global des enjeux a doublé.
Les habitués des casinos sont à 41 % des inactifs sans emploi ou retraités. Les plus de 50 ans et les moins de 30 ans représentent chacun environ 30 % des joueurs de machines à sous, 57 % sont des hommes. Les parieurs du PMU sont à 65 % des hommes âgés de 35 à 49 ans issus de milieux socioprofessionnels généralement modestes. Parmi ces parieurs, 55 % sont des clients réguliers, 40 % sont des joueurs occasionnels et 5 % sont des passionnés qui jouent plusieurs fois par semaine. Concernant les joueurs de la Française des jeux, 49 % sont des hommes, 51 % des femmes et 34 % ont moins de 35 ans. Ils présentent à peu près les mêmes caractéristiques socioprofessionnelles que la population générale avec une légère sur-représentation des ouvriers et des employés.
Internet : des joueurs plus jeunes
Pour Internet et les jeux vidéo, la moyenne d’âge du joueur, plutôt masculin, serait de 26 ans. Selon une enquête française de 2002, 80 % des enfants de 8 à 14 ans jouent aux jeux vidéo, dont 53 % jouent deux heures par semaine ou moins et 26 % plus de quatre heures par semaine. L’Insee indique en 2006 que 34 % des 15 à 18 ans utilisent Internet pour jouer.
Plus de 200 enquêtes de prévalence ont été menées sur le jeu problématique ou pathologique, surtout en Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande et Grande-Bretagne. Les États-Unis et l’Australie ont une prévalence forte, autour de 5 %. Les prévalences relevées dans les pays européens sont nettement inférieures : entre 1 % et 2 %, niveaux comparables à ceux observés au Canada et en Nouvelle-Zélande.
Les hommes sont plus concernés par le jeu problématique ou pathologique que les femmes. Les adolescents et jeunes adultes ont des prévalences plus élevées que les adultes. D’autres facteurs associés sont parfois mis en avant : appartenances ethniques, faibles ressources, difficultés familiales, scolaires, professionnelles ou judiciaires, antécédents familiaux, précocité des conduites de jeu.
Parmi les thérapies proposées dans le traitement du jeu pathologique, seules les techniques cognitivo-comportementales ont fait l’objet d’études contrôlées. Il apparaît important qu’un patient bénéficie d’un ensemble cohérent de prestations, intégrant les proches et la famille, un volet d’insertion sociale, des possibilités de rupture nette par rapport au contexte du jeu.
En France, à la suite du débat lié aux deux rapports du sénateur Trucy (2002, 2006), le gouvernement, les trois opérateurs historiques et les syndicats professionnels des casinos ont pris différentes mesures. Des actions d’information, de prévention, de formation dans les espaces de jeu ou sur les supports de jeu ont été engagées. Une réglementation de protection a été mise en place pour les joueurs de casino (contrôles systématiques aux entrées) et les mineurs pour la Française des jeux (interdiction).
Du point de vue de la santé publique, les enjeux sont de promouvoir une enquête nationale pour connaître la prévalence du jeu pathologique et des enquêtes de cohorte pour cerner les trajectoires des joueurs, comprendre les mécanismes de l’addiction au jeu, adapter et valider les outils de repérage des joueurs à problème, évaluer les protocoles de prise en charge, élaborer un programme de formation pour les personnels en contact avec les joueurs ainsi que pour les intervenants de première ligne dans le dépistage et l’accès aux soins.
Jeux de hasard et d'argent. Contextes et addictions (22 juillet 2008) (121,4 ko)
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