Activité physique

Mars 2009 - Mise à jour mars 2015

L’exercice physique est de moins en moins associé aux activités professionnelles et aux déplacements de la vie quotidienne. La dépense énergétique des individus est limitée par le travail sédentaire et par les activités récréatives passives (télévision, internet, jeux vidéo).

 

L’activité physique évolue en même temps que la société. Si le labeur excessif des périodes antérieures a contribué à un vieillissement prématuré de la population, l’accroissement du travail sédentaire tend aujourd’hui à priver une majorité d’individus d’une stimulation physique nécessaire à leur santé et leur bien-être. Cependant, la relation entre activités physique ou sportive et santé est plus complexe qu’il n’y paraît. Elle dépend en effet de nombreux paramètres individuels tels que l’âge, le sexe, l’état de santé, les déterminants psychologiques et sociaux, mais également des caractéristiques de l’activité elle-même, son volume et sa fréquence au cours de la vie.

Une société de plus en plus sédentaire

Les enquêtes françaises montrent que 84 % de la population ont pratiqué une activité physique ou sportive entre 15 et 75 ans au cours de l’année écoulée. Si 45 % des Français ont exercé dans la semaine passée une activité minimale entraînant des bénéfices pour la santé (plus de 10 minutes par jour), 42 % se situent en dessous de 10 minutes, et 19 % dépassent les deux heures par semaine. Les activités les plus populaires sont la marche, la natation, le vélo, les jeux de boule, les activités gymniques et les sports d’hiver. Pour les sports organisés, le football et le tennis sont largement en tête.
Les enfants, les adolescents et les jeunes adultes pratiquent plus que leurs aînés, les garçons plus que les filles. Toutefois, en France, 11 % des filles et 25 % des garçons seulement ont une activité physique conforme aux recommandations.

Niveaux de pratique d’activité physique et sportive (APS) en France, selon l’enquête Insep du ministère de la Jeunesse et des Sports, 2000 (in Expertise collective InsermActivité physique - Contextes et effets sur la santé, 2008)

Des effets bénéfiques sur la santé et le bien-être

Les effets bénéfiques des activités physique et sportive sur la santé sont connus depuis l’Antiquité. Et confirmés par toutes les études épidémiologiques modernes : elles montrent que le risque de décès prématuré est moindre chez les personnes physiquement actives que chez les autres, résultat valable quels que soient l’âge et la cause de décès, de manière plus probante chez les hommes que chez les femmes.

 

La pratique d’une activité modérée (au moins 3 heures par semaine) ou d’une activité intense (au moins 20 minutes trois fois par semaine) diminue ainsi de 30 % le risque de mortalité prématurée. La pratique régulièred’un sport améliore le bien-être émotionnel, le bien-être physique, la qualité de vie et la perception de soi. Ce rôle bénéfique se retrouve aussi bien chez les adolescents que les personnes âgées. Il est également montré que la qualité de vie des malades chroniques se trouve améliorée, ainsi que celle de certaines catégories de handicaps, lorsque l’accompagnement est satisfaisant.

Escalade

Mais, au-delà de ce bénéfice global, les bienfaits de l’activité physique dépendent aussi du parcours de vie de chaque individu et, dans le cadre du traitement et de la prévention, des caractéristiques de chaque pathologie. L’activité physique est primordiale en prévention primaire des maladies cardiovasculaires mais également en prévention secondaire. Elle intervient également dans le traitement de la dyspnée au cours de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle joue un rôle fondamental pour éviter le gain de poids et elle réduit le risque de certains cancers (colorectal, sein, endomètre, poumon, prostate).

Attention : les bénéfices ne doivent pas faire oublier les risques !
Chaque médaille a son revers, et le sport n’y échappe pas. On sait par exemple que la pratique régulière d’une activité physique peut augmenter le risque de lésions aiguës (fracture, luxation, traumatisme crânien, rupture des ligaments croisés, entorse) ou chroniques (tendinite de l’épaule pour la natation, tendinopathies du genou et de la cheville pour le vélo ou la course à pied). Chez l’enfant, il y a risque de surmenage des cartilages de croissance. Autre exemple de risque : il semble que 4 % des personnes pratiquant une activité physique de manière intense présentent un profil d’addiction à leur activité. La promotion de l’activité physique doit toujours être personnalisée, c’est-à-dire adaptée aux paramètres d’âge, de sexe, de santé et de condition des individus.

Un vrai enjeu de société

© Inserm,  E. Begouen - La Parisienne 2009

La Parisienne 2009

Les enjeux de santé publique attachés à l’activité physique sont donc nombreux : promouvoir les recommandations générales d’activité physique, en sensibilisant les populations selon leur condition, sexe et âge ; lutter contre la sédentarité par une concertation élargie incluant l’aménagement de l’espace urbain et des moyens de transport ; informer les professionnels des secteurs sportifs et médicaux, ainsi que les relais institutionnels des pouvoirs publics et de l’éducation, des liens entre l’activité physique, la santé et le bien-être ; sensibiliser les patients aux bénéfices de l’activité physique et définir avec eux le programme leur convenant le mieux, tout en développant de nouveaux moyens pour l’accompagnement et la prise en charge de cette activité physique, et mieux coordonner les dispositifs (centre de rééducation, cabinets de kinésithérapie, salles de sports, locaux associatifs).

Pour aller plus loin

Expertises collectives

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