Un nouvel exemple de parasitisme bactérien

Brinster S, et al. Nature 2009 ; 458 : 83-6

 

Croissance de bactéries «sauvages» et «mutantes » dans différents milieux de culture, en présence ou non de 10% de sérum humain ; A. en milieu liquide, B. en milieu solide, avec (+) ou sans (-) sérum déposé sur les disques, C. avec (+) ou sans (-) antibiotique (ATB) (anti-FASII). En l’absence d’acides gras, les bactéries mutantes sont incapables de croître et le sérum inhibe l’action de l’antibiotique.

Croissance de bactéries «sauvages» et «mutantes » dans différents milieux de culture, en présence ou non de 10% de sérum humain

Les acides gras, éléments fondamentaux de la constitution de la membrane plasmique, sont indispensables à l’intégrité bactérienne. Les enzymes responsables de leur biosynthèse (type II fatty acid synthesis, FASII) sont des cibles pour certains antibiotiques. Une équipe de chercheurs emmenée par Claire Poyart (unité Inserm 1016, Université Paris-Descartes), en collaboration avec l’Institut Pasteur et l’Inra, vient de montrer que certaines bactéries à Gram positif pathogènes pour l’homme sont capables d’utiliser les acides gras présents dans le sang pour constituer leur membrane, et échappent alors à l’activité des antibiotiques anti-FASII. Dans ce travail, des streptocoques mutants dépourvus des gènes FASII, s’ils sont incapables de croître dans les milieux de culture conventionnels, ne présentent aucun défaut de croissance dans le sang et, surtout, ont une virulence normale chez l’animal. Ces résultats soulignent l’importance d’évaluer l’activité des antibiotiques à l’aide de tests qui miment au mieux les conditions réelles de l’infection et du traitement. Ils ouvrent de nouvelles perspectives de recherche sur le rôle de l’environnement dans la modulation de la composition des membranes bactériennes, et sur d’éventuelles conséquences physiopathologiques.

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