Sobngwi E., et al. JAMA 2008, 299: 2770-6
Le diabète de type 2 cétonurique est une forme de diabète atypique, fréquente chez les sujets originaires d’Afrique subsaharienne. Révélé par une cétose inaugurale, il requiert un traitement par l’insuline, suggérant qu’il pourrait s’agir là d’un diabète de type I. Pourtant, il n’existe aucun signe d’auto-immunité chez la plupart des patients, et l’insuline peut être arrêtée au bout de quelques semaines, le pancréas ayant "récupéré" la possibilité de sécréter l’hormone. Les patients évoluent alors vers un diabète de type 2 classique. Une équipe de recherche, dirigée par Jean-François Gautier (unité Inserm 872, Paris)*, a étudié la possibilité que le virus humain de l’herpès de type 8 (HHV-8) soit impliqué dans la genèse de ce trouble. Les résultats montrent que la fréquence de l’infection par le HHV-8 est 6 fois plus élevée chez les patients présentant un diabète atypique que chez les sujets atteints d’un diabète de type 2 classique (90% contre 15%). Par ailleurs, ce virus est capable d’infecter in vitro des cellules humaines du pancréas productrices d’insuline. Ces premiers résultats, qui demandent à être confirmés à plus large échelle, suggèrent que l’infection par le virus HHV-8 serait responsable de l’apparition de cette forme atypique de diabète.
* Unité rattachée à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris 6)
Haut de page