Casrouge A, et al. Science 2006 ; 314 : 308-12
Les mutations des gènes impliqués dans la réponse immune sont le plus souvent associées à des déficits immunitaires généralisés. Toutefois, certaines mutations confèrent une résistance ou, au contraire, sont à l’origine d’une prédisposition génétique à une infection spécifique. Ces maladies ont conduit à la découverte de mécanismes de défense spécifiquement dirigés contre certains organismes pathogènes, cette identification permettant à son tour la mise en place de traitements ciblés.
L’encéphalite herpétique est une complication rare de l’infection, habituellement inoffensive et largement répandue, par le virus Herpes simplex 1. Jusque dans les années 80, et l’avènement des premiers traitements antiviraux, cette affection survenant surtout chez les enfants était mortelle dans 70 % des cas. Grâce à ces traitements, la plupart d’entre eux survivent, mais un grand nombre garde des séquelles neurologiques graves.
Récemment, une équipe internationale coordonnée par Jean-Laurent Casanova (unité Inserm 550, Paris) a montré qu’un déficit immunitaire reposant sur une mutation de la protéine codée par le gène UNC93B1 prédispose à l’encéphalite herpétique. Cette mutation, héréditaire, s’accompagne d’un déficit de la production d’interférons α, β et λ, des molécules anti-infectieuses nécessaires à la lutte contre l’invasion par le virus herpétique, notamment dans le tissu nerveux. Le traitement de ces patients par l’administration d’interféron, actuellement disponible dans la pharmacopée, est d’ores et déjà à l’étude.
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