Ouverture de la barrière sang-cerveau par l’agent de la méningite cérébrospinale

Coureuil M, et al. Science ; 325 : 83-87

Neisseria meningitidis franchit la barrière sang-cerveau en ouvrant les jonctions intercellulaires ; N. meningitidis croît en colonie à la surface des cellules endothéliales (1). Elle recrute sous la colonie des protéines du cytosquelette, des récepteurs membranaires ainsi que les protéines Par3/Par6/PKC ζ et les protéines des jonctions adhérentes et serrées (VE-cadhérine, p120-catenine et claudine-5) (2). La délocalisation des protéines de jonction aboutit à l’appauvrissement des jonctions existantes, puis à l’ouverture localisée des jonctions intercellulaires (les espaces intercellulaires sont entourés en orange) (3). (1) Photo acquise par microscopie électronique à balayage d’une colonie de N. meningitidis adhérant à une cellule HUVEC. (2) Immunomarquage acquis par microscopie confocale. (3) Immunomarquage baso-latéral de la VE-cadhérine dans les cellules hCMEC/D3 infectées pendant 4 heures

Neisseria meningitidis franchit la barrière sang-cerveau en ouvrant les jonctions intercellulaires

La méningite cérébrospinale est due à une bactérie, Neisseriameningitidis (Nm), qui est un commensal de la muqueuse rhinopharyngée de l’homme. Lorsque cette bactérie devient septicémique, elle ouvre la barrière sang-cerveau et envahit les méninges pour donner une méningite. Les travaux dirigés par Xavier Nassif (unité Inserm 1002, Université Paris-Descartes, Paris) consistent à comprendre comment la bactérie franchit cette barrière réputée comme l’une des plus imperméables de l’organisme. Une imperméabilité en grande partie due à l’existence de molécules de jonctions intercellulaires qui empêchent tout franchissement paracellulaire. Les chercheurs ont montré que Nm adhère aux cellules de l’endothélium cérébral, ce qui induit une délocalisation et une déplétion des protéines de jonctions intercellulaires, et donc une ouverture de la barrière sang-cerveau. L’identification des mécanismes conduisant à l’ouverture de la barrière sang-cerveau pourrait permettre de mieux comprendre l’infection par N.meningtidis, mais aussi de suggérer de nouvelles voies possibles d’introduction de principes thérapeutiques dans le cerveau.

^ Haut de page
Voir Modifier Créer ici
Linkedin Viadeo Delicious Twitter Facebook