Guérin E, et al. Science 2009 ; 324 : 1034
La multirésistance des bactéries aux antibiotiques est apparue à la suite de l’utilisation de ces médicaments, dès les années 50. On a découvert ensuite que les gènes de résistance étaient facilement capturés et échangés d’une bactérie à l’autre par un système de "couper/coller" génétique, faisant intervenir les intégrons. La capture est due à l’action d’une enzyme, l’intégrase. Mais la dynamique des échanges conditionnant le développement des multirésistances restait inexpliquée. C’est ce qu’a élucidé l’équipe de Marie-Cécile Ploy (équipe Avenir Inserm EA3175, Université de Limoges), en collaboration avec l’équipe de Didier Mazel (lnstitut Pasteur, Paris) et celle de Jordi Barbé (Université de Barcelone). Les chercheurs ont montré que les antibiotiques eux-mêmes provoquaient la capture des gènes de résistance via une activation de l’intégrase, qui favorise aussi le réagencement des gènes au sein de l’intégron. Or les premiers gènes sont les plus exprimés et les derniers sont gardés en réserve, silencieux. Lors d’un nouveau réagencement, déclenché par la prise d’antibiotiques, ces derniers gènes pourront se retrouver dans les premières positions, et apporter ainsi à la bactérie les résistances permettant sa survie.
Haut de page