Listeria monocytogenes : les secrets de la double vie d’une bactérie

Toledo-Arana A, et al. Nature 2009 ; 459 : 950-6

Afin de comprendre comment une bactérie pathogène comme Listeria monocytogenes utilise son génome pour passer de l’état saprophyte - dans l’environnement - à l’état virulent - dans l’hôte infecté, une équipe dirigée par Pascale Cossart (unité Inserm 604, Institut Pasteur, Paris) a analysé la totalité des transcrits de la bactérie sauvage et de certains mutants après culture dans différentes conditions, y compris in vivo dans l’intestin de souris axéniques infectées oralement, et ex vivo après croissance dans le sang. À l’aide de puces à ADN de type tiling, les chercheurs ont mis en évidence deux changements successifs globaux d’expression de gènes contrôlés par deux régulateurs transcriptionnels majeurs, l’un actif dans l’intestin, l’autre dans le sang. La première carte complète des opérons d’une bactérie a ainsi pu être établie. Par ailleurs, plus de 50 petits ARN, dont deux régulent la virulence, ont été découverts, ainsi que de longs ARN antisens non codants, de fonction inconnue. L’ensemble de ces résultats suggère que l’expression des génomes bactériens est bien plus complexe qu’on ne le croyait encore récemment.

Puce Affymetrix® montrant la surexpression de 6 gènes de Listeria dans le sang (vert)

Puce Affymetrix® montrant la surexpression de 6 gènes de Listeria dans le sang (vert)

Cellule infectée par Listeria monocytogenes (en bleu) ; les comètes d’actine (en vert, jaune ou rouge) visualisent le mouvement intracellulaire des bactéries.

Cellule infectée par Listeria monocytogenes (en bleu)

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