L’hépatite virale E peut évoluer vers la chronicité chez les patients ayant subi une transplantation d’organe solide

Kamar N., et al. N Engl J Med 2008, 358:811-7

L’infection par le virus de l’hépatite E (VHE) est responsable d’épidémies dans les pays en développement, et pourrait être une maladie émergente dans les pays industrialisés. L’hépatite aiguë E était jusque-là considérée comme bénigne, n’évoluant ni vers l’hépatite chronique, ni vers la cirrhose. Une équipe dirigée par Nassim Kamar (unité Inserm 858, Toulouse)* a montré une incidence de l’infection aiguë par le VHE de 6,25% chez des patients ayant subi une transplantation d’organe solide, soit 14 cas sur 217 étudiés sur une période de 3 ans. Parmi ces patients, 8 ont évolué vers une hépatite chronique (un cas de cirrhose due à l’hépatite E a, depuis cette étude, été rapporté). Leurs taux de lymphocytes totaux et de lymphocytes CD2+, CD3+ et CD4+ étaient significativement plus faibles que chez les patients ayant guéri après la phase aiguë, suggérant que l’hépatite E évolue vers la chronicité chez les patients les plus immunodéprimés. Ces travaux signent la découverte d’une nouvelle maladie chez les patients ayant subi une transplantation d’organe solide. Des études complémentaires sont en cours pour mieux comprendre son histoire naturelle et mettre au point un traitement efficace.
* Unité rattachée à l’université Paul-Sabatier (Toulouse 3)


Évolution de la fibrose à la cirrhose d’un patient transplanté porteur d’une hépatite E

© Inserm, Kamar N. - Biopsie hépatique réalisée lors du diagnostic, montrant un score Métavir F1 (Présence d’une fibre hépatique, sans septa).

© Inserm, Kamar N. - Biopsie hépatique réalisée 38 mois plus tard, montrant une cirrhose.

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