Sperandio B., et al. J Exp Med 2008, 205: 1121-32
Shigella flexneri, responsable de la dysenterie bacillaire, cause annuellement la mort de milliers d’enfants dans les régions les plus pauvres du monde. Pour coloniser et envahir l’épithélium intestinal, Shigella doit survivre aux systèmes de défense innés de la surface muqueuse, en particulier aux peptides cationiques antimicrobiens et aux cellules immunitaires recrutées, polynucléaires et cellules dendritiques. Une équipe dirigée par Philippe Sansonetti (unité Inserm 786, Institut Pasteur, Paris) a montré que le processus de survie élaboré par la bactérie repose sur la subversion de ces systèmes de défense de l’hôte. Shigella supprime, au niveau transcriptionnel, l’expression de certaines ß défensines, peptides antimicrobiens particulièrement microbicides pour cette bactérie, en injectant dans le cytoplasme des cellules intestinales une batterie spécifique de toxines. Cette régulation inhibe également le recrutement de cellules dendritiques dans la lamina propria intestinale. L’analyse moléculaire de la régulation transcriptionnelle des cellules hôtes, par laquelle Shigella s’affranchit des défenses innées épithéliales, révèle l’existence de cibles potentielles pour le développement de molécules thérapeutiques immunorégulatrices et anti-infectieuses innovantes.
Haut de page