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Unité Inserm 748 "Infection par le virus de l'hépatite C : interaction virus-hôte et pathogénie" (Institut de virologie, Strasbourg). Les films unité, production Inserm/La Prod. 2008.
On parle d’hépatite chronique lorsqu’une hépatite virale, appelée aussi hépatite aiguë, se prolonge au-delà d’une durée de 6 mois. Quel qu’en soit le type, l’hépatite se caractérise par certains symptômes : apparition d’un ictère, coloration blanchâtre des selles, urines anormalement foncées, sensation de fatigue, fièvre légère, perte d’appétit avec apparition de nausées. Néanmoins, au début de la maladie, ces symptômes sont souvent discrets, voire absents.
Six virus en cause
On connaît aujourd’hui six types de virus responsables d’hépatites virales : A, B, C, D, E et G. L’existence d’un virus de type F fait encore l’objet de débats dans la communauté scientifique.
Les hépatites B et C représentent les principaux enjeux de santé publique en raison de leur prévalence et de leur gravité potentielle pour le patient. Dans 10 % des cas, l’hépatite B peut potentiellement évoluer vers une hépatite fulminante, souvent mortelle, ou vers une hépatite chronique. Le virus de l’hépatite B se transmet par le sang, la salive ou au cours de rapports sexuels.
Découverte en 1989, l’hépatite C a pris au cours de deux dernières décennies des allures d’épidémie. On sait que sa transmission se fait surtout par le sang (transfusion, toxicomanie intraveineuse, infections nosocomiales…), mais les modes sont incertains dans 30 % des cas.
En France métropolitaine, 400 000 à 500 000 personnes seraient atteintes d'une hépatite chronique C, parmi lesquelles 30 000 seraient co-infectées par le VIH. Environ 300 000 personnes présenteraient une infection chronique par le virus de l'hépatite B, dont 9 % seraient également co-infectées par le VIH. Environ 20 % des patients présentant une hépatite chronique C et 5 % à 10 % de ceux qui ont une hépatite chronique B atteignent le stade de la cirrhose, responsable de décompensations cliniques et de carcinomes hépatocellulaires (CHC).
On estime à près de 4 000 le nombre de décès imputables aux hépatites B et C en 2001 en France. Ces deux hépatites touchent davantage les personnes en situation de précarité. Par ailleurs, seules 49 % et 56 % des personnes infectées respectivement par le virus de l'hépatite B et celui de l'hépatite C ont connaissance de leur statut.
Certains pays en développement durement frappés
L'infection par les virus des hépatites B et C est aussi un problème majeur de santé publique dans les pays en développement. L'OMS estime qu'environ 3 % de la population mondiale est infectée par le virus de l'hépatite C, avec des prévalences atteignant 10 % à 15 % dans certains pays comme l'Égypte ou le Cameroun.
Compte tenu de ces réalités épidémiologiques et sociales, les hépatites virales chroniques constituent un défi pour notre système de soins. Dans le domaine de la recherche fondamentale, les travaux concernent principalement la virologie, l'immunologie et la physiopathologie des lésions hépatiques.
En recherche clinique, on vise la mise au point de nouvelles stratégies thérapeutiques, en particulier pour les patients non répondeurs aux antiviraux disponibles, naïfs de tout traitement ou co-infectés par le VIH.
Le suivi de patients dans les cohortes permet par ailleurs de recueillir des données sur les mécanismes de l'infection et ses complications. L'ensemble de ces recherches s'accompagne de recherches actives en épidémiologie ainsi qu’en sciences humaines et sociales sur les circonstances de la contamination, les comportements des individus et des populations.
Inserm-Associations - la base Inserm Associations
Des épidémies et des hommes
Antoine Flahault et Patrick Zylberman, Editions de La Martinière, 2008, 240 p
Mars 2012
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