Quelles dynamiques pour l’immunothérapie anticancéreuse ?

Dequine J, et al. Immunity 2010 ; 33 : 632-44

On peut noter la différence de répartition des deux types de cellules vis-à-vis des cellules tumorales. Le déplacement des cellules T CD8+ et NK durant 30 minutes est indiqué par leurs trajectoires (blanc). On peut ainsi voir que les cellules T CD8+ à proximité de cellules tumorales sont peu mobiles (trajectoires courtes) alors que les cellules NK maintiennent leur mobilité.

Des cellules T CD8+ et NK (jaune) ont été visualisées au sein de tumeurs solides (cellules tumorales en rouge) exprimant un antigène reconnu pour les cellules T CD8+ ou une protéine reconnue par le récepteur NKG2D pour les cellules NK.

Deux types de lymphocytes peuvent être impliqués dans l’élimination des cellules tumorales : les cellules Natural Killer(NK) et les cellules T CD8+. Bien que ces deux populations identifientles cellules tumorales par des mécanismes distincts, elles utilisent les mêmes molécules lors de leur élimination.

Philippe Bousso et ses collègues (unité Inserm 668, équipe Avenir, Institut Pasteur) ont donc cherché à déterminer comment les deux cellules se comportent au cours d’une réponse anti-tumorale. Pour cela, ils ont utilisé la microscopie bi-photonique intravitale, une approche permettant de suivre les mouvements des cellules T et NK au sein de tumeurs solides.

Celle-ci reste donc au contact de la cellule tumorale. En revanche, l’élévation de calcium provoquée par la reconnaissance d’une cellule tumorale par la cellule NK est plus limitée et n’induit pas l’arrêt des cellules NK.

La reconnaissance d’un antigène sur la cellule tumorale induit une forte élévationdu calcium cellulaire chez la cellule T CD8+, qui provoque la sécrétion de granules toxiques mais aussi un signal d’arrêt pourla cellule T CD8+.

Il en ressort que les cellules NK maintiennent leur mobilité dans l’ensemble de la tumeur, et n’interagissent que brièvement avec chaque cellule tumorale, alors que les cellules T CD8+ s’arrêtent au contact de cellules tumorales uniques sur de longues périodes. De plus, l’élévation du calcium intracellulaire, plus importante et prolongée dans le cas des cellules T CD8+, joue un rôle majeur dans cette différence de comportement. L’existence de ces deux stratégies distinctes souligne l’intérêt d’exploiter la complémentarité des cellules NK et T CD8+ dans les stratégies d’immunothérapie des tumeurs.

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