Dogan I, et al. Nat Immunol 2009 ; 10 : 1292-9
La mémoire immunitaire B, très étudiée depuis quelques décennies, reste l’objet de controverses concernant notamment la nécessité de la persistance de l’antigène dans l’organisme pour le maintien de la mémoire, ainsi que la nature de la réaction des cellules à mémoire face à une nouvelle rencontre avec l’antigène initial. Une équipe dirigée par Claude-Agnès Reynaud (unité Inserm 783, Université Paris-Descartes) a mis en place un nouveau modèle trangénique permettant le marquage irréversible des cellules B lors de leur entrée dans le pool à mémoire. Lorsque l’immunisation est réalisée avec un antigène de structure complexe, mais pas quand une simple protéine antigénique est utilisée, les chercheurs ont noté une persistance de la réaction du centre germinatif, une réaction impliquée dans la maturation de l’affinité, ce qui suggère un maintien de l’antigène pendant plusieurs mois après l’immunisation. Cette mémoire B est composée de deux sous-populations majeures, IgM+ ou IgG+, qui, face à une nouvelle immunisation, se comportent de façon différente : soit comme des cellules effectrices sécrétant des anticorps protecteurs (sous-population IgG+), soit comme des cellules à mémoire centrales, capables de réinitier une réponse immune spécifique (souspopulation IgM+). Il reste maintenant à déterminer si la persistance de l’antigène induite par la vaccination par un pathogène, structure comparable à l’antigène complexe utilisé dans ce travail, permet d’obtenir une réponse plus durable et plus diversifiée, apportant à l’organisme une meilleure protection face aux variants antigéniques produits par ce pathogène. D’une façon plus générale et en termes cliniques, est-il plus efficace de vacciner avec un pathogène inactivé/atténué ou bien avec des protéines solubles recombinantes produites à partir de celui-ci ?
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