Cavazzana-Calvo M, et al. Nature 2010 ; 467 : 318-22
La thérapie de choix des maladies héréditaires du système hématopoïétique (ou moelle osseuse) est représentée par la greffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH). La greffe de CSH dérivées de la moelle osseuse adulte ou du sang du cordon donne des résultats cliniques satisfaisants chaque fois qu’un donneur compatible est disponible. Les sources de CSH compatibles sont aujourd’hui étendues au-delà de la fratrie, grâce aux registres internationaux de donneurs volontaires sains et grâce aux banques du sang du cordon. Malgré ces progrès incontestables, un nombre important de patients n’a pas de donneur compatible. Dans ce contexte, la thérapie génique offre une alternative intéressante. Elle permet de recourir aux CSH du malade (autologues) après les avoir génétiquement modifiées ex vivo grâce à un vecteur rétroviral. Les maladies de l’hémoglobine sont les maladies héréditaires les plus répandues dans le monde, mais également les plus difficiles à traiter par cette approche à cause de l’énorme quantité d’hémoglobine qui doit être produite de façon extrêmement spécifique par (ou dans) les seuls globules rouges. Des années de recherche préclinique, en vectorologie, couplées à l’étude fine de la régulation de l’expression de la β-globine, ont permis aux équipes de Philippe Leboulch (iMETI, CEA, Inserm, université Paris-Sud), Marina Cavazzana-Calvo et Salima Hacein-Bey-Abina (hôpital Necker-Enfants malades, Inserm) de concevoir un vecteur lentiviral (dérivé de HIV) qui répond à ces besoins. Deux patients atteints de β-thalassémie ont été inclus et, pour l’un d’eux, on a pu fournir la preuve du principe que cette voie thérapeutique représente un outil puissant pour ces maladies. En effet, un de ces deux malades ne reçoit plus aucune transfusion sanguine depuis un peu plus de deux ans et demi. Les perspectives immédiates de ce travail sont la reproduction de ces résultats sur un nombre plus important de patients, associée à un suivi clinico-biologique pour s’assurer de la stabilité de l’effet bénéfique observé et de l’absence d’effets toxiques.
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